Je tiens à rendre ici un hommage à la mémoire de Marie-Adélaïde, princesse de Savoie, duchesse de Bourgogne et dauphine de France qui fut l'épouse du petit-fils du roi Soleil, la mère de Louis XV et qui illumina Versailles de saduchesse_bourgogne jeunesse et de sa grâce : Marie-Adélaïde de Savoie est née le 6 décembre 1685. Elle est la fille aînée d’Anne-Marie d’ Orléans et de Victor-Amédée II de Savoie. Louis XIV conclu un accord avec la Savoie et demande la main de la princesse pour son petit-fils aîné Louis duc de Bourgogne né en 1682. Ainsi, Marie-Adélaïde épouse par procuration l’héritier de la couronne le 15 septembre 1696 puis en personne le 7 décembre 1697 soit juste après avoir franchi l’âge légal pour se marier (12 ans). Très vite, la petite duchesse de Bourgogne devient la coqueluge de Versailles qu’elle anime en raison de l’âge avancé de Louis XIV. Celui-ci adore sa petite-fille qui saute souvent sur ses genoux même lorsqu’il travaille et ne se prive pas de toucher à tout ce qu’elle trouve (ce qui fera dire qu’elle trahira la France au profit de la Savoie). Marie-Adélaïde appelle Mme de Maintenon « ma tante » et se permet mille familiarités avec son beau-père le Grand Dauphin. Certains disent d’elle que ce n’est qu’une enfant gâtée, d’autres qu’elle est le rayon de soleil du roi et de Versailles. La duchesse rechigne pourtant à se rendre à Saint-Cyr avec Mme de Maintenon aussi souvent et préfère s’amuser, ce qui ne lui passera pas. Son époux le duc de Bourgogne lui vouera une véritable passion amoureuse tandis qu’elle prend des amants lorsque le jeune Louis est à la guerre et ne répond que rarement à ses lettres. Marie-Adélaïde s’attire les remontrances de Mme de Maintenon mais elle se plaint que son mari est trop sérieux et prie toujours. Pourtant, après les adelaidehumiliations militaires du duc de Bourgogne, son épouse se met à l’aimer véritablement (mieux vaut tard que jamais !!!) et à le soutenir en public. Marie-Adélaïde n’en mène pas moins un train de vie infernal en allant se coucher parfois aux aurores pour avoir passé la nuit à s’amuser et à illuminer Versailles. Elle éprouve beaucoup de joie lorsque sa jeune sœur Marie-Louise-Gabrielle épouse le 3 novembre 1701 le nouveau roi d’Espagne Philippe V (frère cadet du duc de Bourgogne). Les deux sœurs seront ensuite abattues par une guerre où la France s’opposera à la Savoie. Bientôt la duchesse devient mère. Le 25 juin 1704 d’abord où elle donne à Louis XIV son premier arrière-petit-fils (le roi en pleure de joie), le duc de Bretagne. Bien qu’elle soit très jeune et qu’elle délègue entièrement son « devoir » de mère à la nourrice de l’enfant, elle montre un véritable chagrin lorsque son fils meurt de convulsions le 13 avril 1705. Le 8 janvier 1707, elle met au monde un second duc de Bretagne puis le 15 février 1710 le petit duc d’Anjou (futur Louis XV). Marie-Adélaïde devient dauphine à la mort brutale du Grand Dauphin le 14 avril 1711 et se retrouve sur le devant de la scène avec son époux qui se prépare déjà à régner. Devenue la première dame du royaume, elle est très jalousée par les filles illégitimes de Louis XIV la princesse de Conti et les duchesses de Bourbon et d’Orléans.Adelaide_duchesse_de_Bougogne La dauphine n’en a cure, elle ne cesse de répéter « je serais leur reine » Pourtant, Marie-Adélaïde ne deviendra jamais reine de France. Elle s’éteint brusquement victime de la variole le 12 février 1712 laissant un époux inconsolable qui lui aussi victime de la maladie se laisse mourir et la suit dans la mort le 18 février. La duchesse avait un jour demandé à son mari qui il épouserait si elle décédait avant lui. Le duc de Bourgogne aurait alors répondu à Marie-Adélaïde qu’il ne se remarierait pas car il mourait lui aussi dans les huit jours …il tint promesse. La mort de la dauphine fut le plus grand chagrin de Louis XIV. Mais la mort qui s’abattait sur sa famille n’en avait pas fini car le 8 mars de la même année le duc de Bretagne baptisé Louis succombait lui aussi à la variole (ou sous les saignées des médecins). Tout ce qui restait de la jeune dauphine, c’était un frêle enfant de 2 ans lui aussi malade sur lequel personne n’aurait parié qu’il puisse être roi un jour. Avec le décès de Marie-Adélaïde de Bourgogne, princesse de Savoie, c’est toute la joie et les fêtes qui quittèrent Versailles pour ne revenir que sous Louis XV.

pour en savoir plus : "Louis et Marie-Adélaïde de Bourgogne : la vertu et la grâce" de Sabine Melchior-Bonnet