anne_elisabeth_et_marie_anne1En novembre 1664 alors que la reine Marie-Thérèse est enceinte, Louis XIV demande à sa dame d’honneur Mme de Montausier de lui faire accepter celle que le Roi Soleil a choisie pour favorite : Louise de la Vallière. Face à sa dame d’honneur, la reine se met dans une forte colère au moment où son royal époux arrive sans frapper. Il en résulte une grande surprise de la part de Marie-Thérèse qui lui cause un saignement de nez. La rage et la tristesse de la reine, impuissante face aux amours du roi, provoquent un accouchement à huit mois de grossesse. La reine met au monde une fille le 16 novembre et semble si faible qu’on pense qu’elle va mourir. Le roi se désole au chevet de son épouse qui vivra. Leur enfant est baptisé Marie-Anne mais la fillette est si chétive qu’on dit qu’elle ne survivra point. Les médecins noteront à son sujet qu’elle est née « noire comme de l’encre de la tête aux pieds ». Certains dépeignent l’enfant comme un monstre noir et velu. L’accouchement ayant été fort éprouvant, il semble que Marie-Anne est souffert autant que sa mère et ait eu des difficultés à respirer d’où sa peau violacée à la naissance (et non  « noire comme de l’encre »). La petite princesse meurt le 26 décembre 1664 car elle était née trop tôt et gardait des marques de l’accouchement pénible. Marie-Anne de France est représenté sur le tableau de Nocret aux côtés de sa sœur Anne-Elisabeth.

Trente-et-un ans plus tard, une femme prénommée Louise-Marie-Thérèse  prendra le voile au couvent de Moret. De couleur noire, elle se disait fille de sang royal et un jour que le Grand Dauphin chassait près du couvent, elle lança « Voilà mon frère qui chasse ».  On ne sera probablement jamais si elle avait un lien avec la petite princesse Marie-Anne.