L'envers de l'Histoire

Comprendre l'Histoire simplement et intelligement

30 septembre 2006

Sophie-Béatrice, fille de Louis XVI

Sophie_BeatriceLe 9 juillet 1786, la reine Marie-Antoinette met au monde son dernier enfant, une petite fille qui reçoit les prénoms de Marie-Sophie-Hélène-Béatrice dite Sophie-Béatrice ou la Petite Madame Sophie. La petite princesse a pour marraine la sœur du roi, Madame Elisabeth. A la naissance, l’enfant semble d’une taille plus importante que la normale. Cependant, Sophie-Béatrice ne grandit pas bien et paraît victime d’une malformation. Certains diront alors que la reine a tenté d’avorter, sans succès de ce quatrième enfant qu’elle ne souhaitait pas. En juillet 1787, la princesse montre des signes d’inquiétudes, prise sans cesse par des convulsions. La petite Sophie décède le 19 juin sans doute atteinte d’une tuberculose pulmonaire. Alors qu’à cette époque, les enfants morts en bas âge –surtout les filles- sont peu pleurés, Marie-Antoinette se montrera inconsolable face à la perte de son « petit ange ».

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29 septembre 2006

Madame Elisabeth, soeur des derniers rois de France

Elisabeth_enfantLe 3 mai 1764, la dauphine Marie-Josèphe de Saxe met au monde son neuvième enfant : une petite fille. On baptise la nouvelle princesse Elisabeth-Philippine-Marie-Hélène. Couramment, elle se nommera Elisabeth. Alors qu’elle est encore un bébé, son père le dauphin Louis-Ferdinand, meurt le 20 décembre 1765. Elle ne connaitra pas davantage sa mère qui décède le 13 mars 1767. Elisabeth sera toujours très proche de sa sœur Marie-Clotilde et de son frère aîné le duc de Berry (futur Louis XVI). Elisabeth demeurera la seule personne qui aimera vraiment Louis-Auguste pour ce qui était. Durant sa petite enfance, la princesse aimera passer beaucoup de temps avec sa tante Madame Louise qui quittera la cour en 1771 pour devenir religieuse. Mmes de Guéménéé et de Marsan sont chargées de s’occuper de l’enfant et de son éducation. Autant sa sœur Marie-Clotilde est appliquée, sage et disciplinée, autant Elisabeth est têtue et distraite. Les deux princesses sortent parfois rendre visite aux pensionnaires de Saint-Cyr. Bientôt, Elisabeth s’y trouve une amie en la personne d’Angélique de Marckau, future marquise de Bombelles (dont le fils deviendra l’époux de l’Impératrice Marie-Louise). Sur la demande de Mme de Marsan, Mme de Marckau, mère d’Angélique, accepte de la seconder dans l’éducation d’Elisabeth. La petite princesse trouvera en elle l’esprit maternelle que Mme de Marsan n’a pas. On remarque très vite dans les études d’Elisabeth qu’elle est passionnée par les mathématiques comme son frère Louis-Auguste qui joue toujours le grand frère protecteur. La princesse possède une bibliothèque très fournie de 2075 volumes sur l’histoire antique, la politique…elle partage le gout de Louis XVI pour la lecture. Elle est devenue une élève docile et attentive autant que brillante. Madame Elisabeth se trouve également être une excellente cavalière et adore suivre ses frères à la chasse. Elisabeth se montrera fort attristée par la départ de sa sœur Marie-Clotilde en 1775 qui part épouser Charles-Emmanuel de Savoie, futur roi de Sardaigne. La petite princesse se rapproche de Marie-Antoinette avec qui elle monte la_jeune_Elisabethquelques pièces de théâtre. Elisabeth se rapproche également de sa cousine Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé. En grandissant, Madame Elisabeth est devenue une superbe jeune femme et on penserait bien à la marier. On envisage un moment l’Infant du Portugal, Charles-Philippe de Savoie et même l’empereur Joseph II. Mais aucunes négociations n’aboutie. Certains sont d’ailleurs persuadé qu’Elisabeth entrera en religion comme sa tante Madame Louise. Mais bien que très croyante, la sœur de Louis XVI n’a pas de vocation religieuse. Un jour, la princesse déclarera « Je ne puis épouser que le fils d’un roi, et le fils d’un roi doit régner sur les Etats de son père. Je ne serais plus française, et je ne veux pas cesser de l’être. Mieux vaut rester ici, au pied du trône de mon frère, que de monter sur un autre ». En 1782, Louis XVI fait don à sa sœur d’une grande demeure à Montreuil où Madame Elisabeth régnera comme la reine tient sa cour à Trianon. Elisabeth y reçoit ses amies, plus particulièrement sa chère Angélique de Bombelles qu’elle surnomme « Bombe ». La princesse est aussi la bienfaitrice des habitants de Montreuil : elle distribue le lait, les œufs et les légumes de sa maison aux enfants et aux personnes dans le besoin, rend visite aux personnes malades accompagnée d’un médecin. Bien qu’intelligente, Madame Elisabeth ne s’engage pas trop en politique et évoque à peine dans sa correspondance l’affaire du collier qui éclabousse la reine. Le 9 juillet 1786, Marie-Antoinette met au monde une petite fille prénomée Sophie-Béatrice dont Elisabeth sera la marraine. Hélas, la petite Sophie meurt le 19 juin 1787, victime de convulsions. Bien qu’elle ne prenne pas part aux débats politiques, Madame Elisabeth comprend bien que son monde est en train de s’effondrer. Elle s’est fait parvenir des journaux et des libelles qui en disent long sur la fin de la monarchie. Après la chute de la Bastille, Elisabeth hâte le départ de sa chère Angélique de Bombelles le 1er aout. Les deux amies sont néanmoins bien loin de se douterla_princesse_Elisabeth que c’est la dernière fois qu’elles se voient. Elles échangeront encore les lettres espérant toujours pouvoir se retrouver. Louis XVI envoi quant à lui ses frères en exil étant sûr qu’il ne s’agit que « d’une affaire de trois mois ». Le comte d’Artois encourage Elisabeth à partir avec lui mais la princesse refuse, préférant rester auprès de son « auguste frère » Louis XVI. Quelques jours plus tard, la princesse suit la famille royale aux Tuileries. Là bas, elle va s’ennuyer à mourir, regrettant ses longues promenades à pieds et Montreuil. Parfois, Elisabeth aimerait aller quelques jours à Fontainebleau ou à Saint-Cloud. A chaque fois, c’est un refus. La famille du roi ne doit pas sortir de Paris. Durant son long séjour aux Tuileries, Elisabeth correspond beaucoup avec Mme de Bombelles. Le 20 juin 1791, Madame Elisabeth est mise au courant du projet d’évasion qui doit avoir lieu la nuit même. Mais pour le roi de France, la fuite s’arrête, comme chacun le sait, à Varennes. Le voyage du retour vers la Capitale est un supplice pour Elisabeth qui voit son frère et Marie-Antoinette hués par la foule. Elle avait senti la fin de la monarchie dés 1788 ; le non respect du peuple vis-à-vis des souverains lui fait comprendre qu’elle ne s’était pas trompée. De retour aux Tuileries, Elisabeth reprend ses correspondances avec Angélique de Bombelles et avec son frère le comte d’Artois. Souvent, les lettres sont codées. La princesse fait preuve de calme, voit dans les malheurs de sa famille la volonté de dieu, prie beaucoup, a toujours de gentilles paroles pour ses proches et réconforte souvent Louis XVI. Le 20 juin 1792, une foule envahi le palais pour tuer la reine. Alors que le roi tente de calmer les fous furieux et que Marie-Antoinette est mise en sécurité auprès de ses enfants, Madame Elisabeth porte assistance à son frère manquant de se faire assassiner, des forcenés l’ayant prise pour la reine. Le 10 aout, la famille royale est contrainte de quitter les Tuileries pour trouver refuge auprès de l’Assemblée qui siège au Manège. Le 13 aout, Louis XVI et ses proches prennent la direction du Temple, palais du duc Madame_Elisabethd’Angoulême (fils du comte d’Artois), vide depuis l’exil du frère du roi. La famille royale est logée dans la tour. Le 21 septembre, la monarchie est abolie. Dés lors, Madame Elisabeth n’est plus qu’Elisabeth-Marie Capet. La vie devient plus difficile pour Elisabeth qui subi les humiliations des gardes. Pourtant, si Marie-Antoinette juge que les français doivent être punis, Madame Elisabeth espère qu’ils seront pardonnés par dieu. Au Temple, elle donne des cours de mathématiques au dauphin et initie sa nièce Madame Royale à des travaux de coutures. Après un procès qui semblait déjà joué, Louis XVI est condamné à mort. Le 20 janvier 1793, Elisabeth voit son frère pour la dernière fois. Le roi est guillotiné le lendemain matin. Dés lors, le petit dauphin devient Louis XVII. La vie se durcie de jour en jour pour les prisonniers. Le 3 juillet, le jeune « Louis-Charles Capet » est arraché à Marie-Antoinette. Le 2 aout, c’est la reine que l’on emmène. Avant de quitter le Temple, Marie-Antoinette confie sa fille à Madame Elisabeth. Voici que le 6 octobre, Elisabeth est confrontée à son neveu qui l’accuse d’attouchements et d’inceste. La princesse ne reconnaît plus l’enfant. Après s’être exclamée « Oh ! Le monstre » elle dira avec tristesse « cela ne peut être lui…ils l’ont rendu fou ». Elisabeth reporte maintenant toute son affection sur la seule parente qu’il lui reste en ces lieux : sa nièce Marie-Thérèse. La princesse apprendra à la jeune Madame Royale à se débrouiller seule, à ne pas rester inactive et à se méfier des geôliers. Au soir du 9 mai 1794, on vient la chercher. Après des ultimes recommandations à Marie-Thérèse, Elisabeth est conduite à la conciergerie. Après Louis XVI et Marie-Antoinette, s’ouvre le « procès » de la sœur du roi. Madame Elisabeth est humiliée par ses juges, mise plus bas que terres. On l’accusera surtout d’avoir fait parvenir des diamants à son frère le comte d’Artois pour organiser la contre-révolution et rétablir la monarchie. Mais tout est joué d’avance pour Elisabeth. En écoutant la sentence de mort, la princesse reste digne. Elle doit être exécutée le lendemain, elle n’a que 30 ans à peine. Ce jour là elle apprend seulement la mort de sa belle-sœur survenu le 16 octobre précédent. Elle réconforte les condamnés qui doivent euxElisabeth_de_France aussi passer sous le couperet de la guillotine, leur disant qu’ils doivent être bienheureux de quitter « cette terre où il n’y a aujourd’hui que tourments et douleurs ». Elisabeth sera la dernière appelée ce 10 mai sur l’échafaud. La princesse monte courageusement les marches, arrivée en haut, son fichu de mousseline glisse. Elisabeth demanda alors à son bourreau « Au nom de la pudeur, couvrez-moi monsieur ». Le bourreau lui rajuste son vêtement, Elisabeth vient de prononcer ses derniers mots. Plusieurs témoins affirment qu’à l’instant où Madame Elisabeth fut guillotinée, une odeur de rose se répandit. Ce fut un choc pour les comtes de Provence et d’Artois ainsi que pour Marie-Clotilde d’apprendre la mort de leur sœur. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi fallait-il faire mourir cette femme pieuse qui jamais ne causa de tort autour d’elle. Napoléon Ier lui-même ne comprendra jamais pourquoi Elisabeth fut envoyé à l’échafaud car « elle ne le méritait pas ». En 1795, Madame Royale apprit la mort de sa tante et déclara qu’elle espérait qu’un jour elle serait mise au rang ses saintes. Angélique de Bombelle reçu la nouvelle comme un coup de couteau. Elle ne se remit jamais de l’assassinat de la princesse. Elisabeth aurait dit un jour « je vivrai jusqu'à 80 ans, à moins qu'on ne m'assassine ! ».

pour en savoir plus "Madame Elisabeth, la soeur martyre de Louis XVI" de Monique de Huertas

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26 septembre 2006

Mademoiselle de Nantes, fille de Louis XIV

Quatrième enfant de la marquise de Montespan et du roi Louis XIV, Louise-Françoise née à Tournai le 1er juin 1673.Mademoiselle_de_Nantes Confiée comme ses aînés à Mme de Maintenon, elle reste inconnue de la cour jusqu'au 20 décembre de la même année où son père la légitime et lui accorde le titre de Mademoiselle de Nantes. Vivant désormais auprès de ses parents, elle est surnommée "poupotte" par le roi et Athénaïs. A l'inverse du duc du Maine qui considère sa gouvernante comme sa mère et dénigre Athénaïs de Montespan, Louise-Françoise n'aime pas la veuve du poète Scarron et devient vite la préférée de la marquise sa mère. Très proche de sa cadette Mlle de Tours, elle supporte très mal la mort de cette dernière en 1681. Louis XIV espère pour ses filles illégitimes un grand mariage et marie Mlle de Nantes avec Louis III duc de Bourbon, prince de Condé, petit-fils de Louis II (le Grand Condé). Louise-Françoise devient duchesse de Bourbon le 24 juillet 1685. Malgré son titre de duchesse, elle s'en tire avec un époux petit, bossu, une verrue sous l'œil et qui la trompe ouvertement en fréquentant des bordels et que la cour surnomme en raison de sa laideur « le singe vert ». Tandis qu'elle se désole de son mari, Louise_Francoise_et_son_frere_Louis_AugusteLouise-Françoise trouve du réconfort auprès de ses parents et du Grand Condé qui la considère comme sa fille. A la fin de l'année 1686, la duchesse de Bourbon est atteinte de la petite vérole à Fontainebleau. Son mari se désintéresse de son épouse et retourne à ses scandales. Louise-Françoise est veillée par le Grand Condé (qui interdit même au roi l'entrée à la chambre de sa fille par peur de la contagion)  et par sa mère. Mais bien vite on la croit perdu et la marquise de Montespan s'enfuit cacher ses larmes, désespérée de perdre Louise-Françoise qui lui ressemblait beaucoup et qui avait entre autre, hérité du célèbre esprit des Mortemarts. Mais contre toutes attentes, la duchesse survit et la mort emporte à sa place le Grand Condé et qui avait attrapé la maladie le 11 décembre 1686. Louise-Françoise donna à son époux neuf enfants qui atteignirent tous l'âge adulte :

-         Marie-Anne-Eléonore (1690-1760) abbesse de Saint-Antoine des Champs

-         Louis-Henri (1692-1740) prince de Condé

-         Louise-Elisabeth (1693-1775) Mlle de Condé puis princesse de Conti

-         Louise-Anne (1695-1741) Mlle de Charolais

-         Marie-Anne (1697-1758) Mlle de Clermont

-         Charles (1700-1760) duc de Charolais

-         Henriette-Louise-Gabrielle (1703-1772) Mlle de Vermandois

-         Elisabeth-Alexandrine (1705-1765) Mlle de Sens

-         Louis-Henry (1709-1771) comte de Clermont

Elle fut toujours très proche de sa mère qu'elle visita souvent après que celle-ci eu quitté la cour en 1691. Fuyant son cruel mari, Louise-Françoise passe pour avoir été la maîtresse du prince François-Louis de Bourbon-Conti qui pourrait être le père biologique de sa fille Marie-Anne. La mort de son époux, Louis III de Bourbon-Condé, le 4 octobre 1710Louise_Francoise_en_Cleopatre la soulagea.  La duchesse de Bourbon conserva malgré ses débordements amoureux, de bonnes relations avec Louis XV qui aimait converser avec elle. Désormais qu’elle libre et encore bien jolie, Louise-Françoise afficha sa liaison avec son amant, un certain Lassay.  Mais la fin de sa vie ne fut pas tout repos : la plupart de ses enfants étaient entourés par le scandale et son fils aîné préférait passer tout son temps avec sa favorite plutôt que de faire un enfant à son épouse. Sa fille aînée Marie-Anne-Eléonore avait hérité de la « folie des Condé » que l’épouse du Grand Condé, Claire-Clémence de Mailly, avait fait rentrer dans la famille et on disait la princesse cruelle et fort méchante. Louise-Anne passait pour avoir épouser secrètement le duc de Richelieu et être rentrée la première dans le lit de Louis XV. En 1722, Mlle de Vermandois qui était au couvent de Fontevrault fut au cœur d’un drame : un jeune prête de 20 ans tomba amoureux d'elle et tua d'un coup de pistolet son confesseur qui tentait de lui faire entendre raison.  Quant à sa fille préférée, Louise-Elisabeth, elle dû quitter son époux, Louis-Armand II de Bourbon-Conti qui se montrait froid et cruel avec elle. Louise-Françoise décéda le 16 juin 1743 à l'âge de 70 ans. On lui doit la construction du Palais-Bourbon à Paris.

pour en savoir plus : "Mademoiselle de Nantes, fille préférée de Louis XIV" de Jacques Bernot

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25 septembre 2006

Les Robertiens prennent le pouvoir

Robert_IerMalgré sa déception de ne pas avoir eu le trône de France à la mort de son frère aîné Eudes Ier, Robert, marquis de Neustrie prête serment de fidélité au Carolingien Charles III le Simple. Les normands sont toujours dans le royaume et le roi doit continuer la guerre contre les invasions. En 911, le roi trouve un accord avec Rollon, le chef des normands afin de mettre un terme aux désolations et aux dévastations. Charles III octroie la Normandie aux ennemis lors du traité de Saint-Clair-sur-Epte. Bien que grâce à cet accord, les normands laissent le royaume tranquille, le peuple n’est pas satisfait que Charles III ait cédé à l’ennemi. En 920 , la majorité des grands du royaume considèrent que leur roi n’est plus digne de régner et ils se révoltent menés par le marquis Robert de Neustrie. En 922, ils élisent ce dernier roi sous le nom de Robert Ier. Cette élection marque un tournent dans l’histoire de la royauté : un mauvais roi peut être chassé si son peuple considère qu’il ne fait pas un bon souverain. Robert Ier est le roi choisi par le royaume donc il a les capacités à régner. Pourtant, Charles le Simple ne tient pas à laisser le trône si facilement : une guerre commence entre les deux rois, le légitime et le choisi. En 923, après seulement quelques mois de règne, Robert Ier est tué près de Soissons lors d’une bataille contre Charles III le Simple par les partisans de ce dernier. Malgré la mort de son rival, Charles III est capturé par le comte de Vermandois Herbert II. Destitué et enfermé à Péronne, il meurt en 929 sans avoir recouvré son trône. Une fois le trône vacant, la couronne est proposée au fils de Robert Ier, Hugues le Grand comte de Paris. Mais l’intelligent Robertien sent bien que ce n’est pas encore le bon moment pour ceindre la couronne de France. Son oncle et son père avaient plus de prestige et de pouvoir lorsqu’ils n’étaient pas rois. RAOUL_IerHugues sent que l’heure des Robertiens sur le trône n’est pas encore venue. De plus à cette époque, Hugues n’a ni fils ni frère : il serait donc obligé de diviser son immense patrimoine par rapport à ses cousins car on ne peut être roi et comte à la fois. Il propose alors son beau-frère comme roi : il s’agit de Raoul duc de Bourgogne qui a épousé la sœur d’Hugues le Grand, la belle Emma. Elu en 923, ce roi guerrier doit combattre Rollon, le duc de Normandie Guillaume Longue-Epée ainsi qu’Herbert II qui déborde d’ambition après sa capture de Charles III. Hugues le Grand a d’autant bien manœuvré la montée sur le trône de Raoul que ce dernier lui doit la couronne et est donc en parti sous l’autorité du Robertien. Hugues est à la fois le chef de la famille des Robertiens, l’ombre du roi et le puissant comte de Paris. En 926, Raoul Ier parvient à repousser une invasion hongroise et soumet les normands en 930. Malgré cela, certains grands seigneurs ne le reconnaissent pas comme leur roi : Raoul n’est ni Carolingien ni Robertien et n’appartient à cette famille que par alliance. Dans certaines provinces, il « n’y a plus de roi » depuis la destitution de Charles III le Simple. Guillaume de Normandie ne reconnaîtra Raoul Ier comme son roi qu’en 933. De ce fait, Raoul Ier a parfois du mal à imposer son autorité. Lorsqu’il meurt en 936, il ne laisse pas d’héritier. Raoul fut le dernier roi de la famille des Robertiens à monter sur le trône de France.

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Anne Boleyn

Mise à jour de la biographie de la reine d'Angleterre Anne Boleyn : http://enviedhistoire.canalblog.com/archives/2006/09/12/2661075.html#trackbacks

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24 septembre 2006

Deux princesses pour un portrait

Princesse_1Sur ces deux gravures de Nicolas IV de Larmessin (1684-1753) une même jeune femme. A en juger de par sa robe, le décor et surtout la couronne à droite du tableau, un s’agit d’une princesse. Ainsi nous avons deux princesses identiques sur les gravures. Dans l’histoire moderne de France, nous connaissons des jumelles : les filles de Louis XV et de Marie Leszczynska les princesses Marie-Louise-Elisabeth et Anne-Henriette de France nées en 1727. Pourtant, il ne s’agit pas de ces sœurs mais ces princesses reproduites ont bien vécu à la cour de Louis XV. Ces jeunes femmes n’étaient ni jumelles ni sœurs mais ont toutes deux ont été la belle-fille de Louis XV. La première était une infante d’Espagne, la seconde une princesse de Saxe. La première, Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon-Espagne épousa le dauphin Louis-Ferdinand de France en 1745. Nicolas de Larmessin exécuta une gravure de la jeune dauphine de France. Celle-ci devait mourir des suites de son accouchement Princesse_2le 22 juillet 1746. Le dauphin qui avait tendrement aimé son épouse n’aurait voulu pour rien au monde se remarier. Pourtant, étant le fils unique de Louis XV, l’héritier de la couronne n’avait pas le choix et fut contraint de reprendre une épouse. Le choix du roi se porta sur la fille du roi Auguste III de Pologne, la jeune Marie-Josèphe de Saxe. Le remariage de Louis-Ferdinand se fit moins de six mois après la trépas de sa première épouse, le 9 février 1747. Le dauphin vécu très mal cette union précipitée. Marie-Josèphe remplaça la timide Marie-Thérèse-Raphaëlle dans tous les esprits et dans tous les lieux jadis occupés par la première dauphine. Ce remplacement alla jusqu’à la gravure de Larmessin. Mis à part l’expression du visage de la princesse, il ne changea rien de sa gravure. On peut remarquer que Marie-Thérèse-Raphaëlle affiche une expression plus timide et plus sage que Marie-Josèphe qui paraît plus souriante sur sa gravure. La coiffure change très légèrement d’une dauphine à l’autre. On remarque également que l’Infante d’Espagne ne porte aucun bijou alors que la princesse de Saxe a un collier et un bracelet un chaque bras. Mise à part cela, les deux princesses sont exactement identiques ! Pourtant une princesse espagnole et une princesse allemande ne pouvaient présenter autant de similitudes dans les formes de leur corps. On imagine bien le choc du dauphin lorsqu’il découvrit Marie-Thérèse-Raphaëlle refaite en Marie-Josèphe ! Les portraits des deux épouses de Louis-Ferdinand le confirment : elles ne se ressemblaient en rien !!! L’auteur de ces gravures traduit bien la pensée de Marie_Therese_Raphaelle_d_Espagnela cour de France : une dauphine peut en remplacer une autre ! Belle mentalité de l’époque ! Marie_Josephe_de_saxe

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23 septembre 2006

Marie Stuart, reine de coeur

Les fées semblaient s’être penchées sur le berceau de Marie Stuart dés les premiers instants. Née le 8 décembre 1542 elle devient reine d’Ecosse à l’âge de six jours avec la mort de son père Jacques V dont elle est le seul enfant. A l’âgeFrancois_ii_et_Marie_Stuart de huit ans, la jeune reine est envoyée à la cour de France pour parfaire son éducation car elle doit épouser le futur roi François. Elle reçoit le meilleur accueil possible, parle bientôt quatre langues, joue de nombreux instruments de musique, chasse à merveille. Belle et intelligente, Marie séduit Henri II. Le 24 avril 1558, elle devient dauphine de France de par son mariage avec François. On ne peut pas avancer avec certitude qu’il y eut de l’amour entre les deux jeunes gens mais ayant été élevés ensemble, ils étaient très proches, avaient beaucoup d’affection l’un pour l’autre. Une amitié profonde les liait. Le 10 juillet 1559, Marie Stuart devient reine de France mais se heurte à Catherine de Médicis qui se soucie fort de la santé fragile de François II. Le jeune roi souffre en effet de végétations adénoïdiennes et d’un abcès derrière l’oreille. La reine Mère rend responsable Marie de la faiblesse de son fils en disant que la petite reine a un tempérament amoureux trop violent. Malgré sa maladie, François II tient à gouverner et doit faire face à la conjuration d’Amboise organisé en mars 1560 par des nobles protestants (dont Antoine de Bourbon) qui veulent enlever le roi et mettre sur le trône son cousin Louis de Condé. Trahi par l’un d’entre eux, le dénommé Pierre des Avenelles, ils sont arrêtés, jugés et exécutés sur ordre du roi, fort marqué et déconcerté par ce complot. A l’exception des princes de Bourbon et de Condé, les coupables seront pendus ou décapités. Dégouté par la politique, François II laisse sa mère prendre les rennes du pouvoir et se réfugie auprès de Charles_IX_jeuneson épouse à qui il se consacre avec une fougue maladive. Souffrant toujours de douleurs à l’oreille, François meurt complètement épuisé le 5 décembre 1560 à seize ans, victime d’un « abcès au cerveau ». Bien qu’aujourd’hui il semble que le roi soit mort d’une méningite encéphalique, Catherine de Médicis accusera Marie d’avoir fait mourir son fils d’épuisement. Même Michelet écriera « François II est mort de cette grande chamelle rousse de Marie Stuart ». La mort de François II causera néanmoins une grande et sincère peine à la reine de dix-huit ans. Catherine ne souhaite pas que sa belle-fille demeure en France et tandis que celle-ci fait ses adieux à la cour le 15 aout 1561, le jeune Charles IX, onze ans éclate en sanglot et s’enfuit dans sa chambre. Durant toutes ces années où Marie Stuart avait vécu en France, le petit Charles s’en était rapproché. Le nouveau roi écrivait des vers mélancoliques en pensant à Marie et portait même un portrait d’elle contre son cœur. Jusqu’à l’âge de seize ans, Charles IX ne pensa à aucune autre femme que Marie Stuart ne pouvant en regarder et encore moins aimer une autre. En repartant pour l’Ecosse, Marie avait conquis deux cœurs de rois de France : François II et Charles IX. Avec ce départ pour l’Ecosse, elle tournait la page de sa jeunesse et des jours heureux.

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22 septembre 2006

Françoise-Athénaïs de Montespan, favorite passionnée de Louis XIV

Le 5 octobre 1640, Diane de Grandsaigne, épouse du duc de Mortemart Gabriel de Rochechouart, met au monde sonFrancoise_de_Rochechouart_Mortemart troisième enfant, une fille prénommée Françoise. La famille de Françoise est en étroite relation avec la cour : le duc de Mortemart est gentilhomme de la chambre du roi, son épouse est dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche et le frère aîné de Françoise, Louis-Victor est le compagnon de jeu du jeune Louis XIV. La jeune fille s’entend à merveille avec sa sœur aînée Gabrielle. La famille s’agrandira encore de deux filles : Marie-Christine et Marie-Madeleine. Vers l’âge de 12 ou 13 ans, Françoise entre au couvent Sainte-Marie à Saintes pour y recevoir une bonne éducation. Elle y apprend le latin, un peu de grec, le français, l’histoire et tout ce qui est nécessaire à une jeune fille de la noblesse dans le grand monde. Mademoiselle de Mortemart sort du couvent en 1660. A cette date, elle fréquente les prestigieux salons de préciosité de Paris et fait sensation de par sa beauté et son intelligence. Elle y gagne le surnom d’Athénaïs (la jeune femme était dite aussi belle qu’Athéna). Sa mère obtient de la reine-mère Anne d’Autriche que sa fille entre la cour comme demoiselle d’honneur de la future duchesse d’Orléans, belle-sœur de Louis XIV. Françoise-Athénaïs (désormais, seule sa famille l’appellera encore Françoise, Mlle de Mortemart préférant son prénom d’Athénaïs) fait ses premiers pas à la cour à l’âge de 20 ans sous le titre de Mademoiselle de Tonnay-Charente. En 1662, la jeune femme vit une histoire d’amour qui va se transformer en drame : elle est amoureuse du marquis Louis-Alexandre de Noirmoutiers qui a déjà demandé sa main quand il est impliqué dans un duel ou il perd son ami le marquis d’Antin. Le duel est un acte puni de mort par le roi et Louis-Alexandre doit s’exiler en Espagne puis au Francoise_Athenais_jeunePortugal. Athénaïs vit très mal le départ précipité de son fiancé qu’elle ne reverra jamais. Elle se rapproche de Louis-Henry de Pardaillan de Gondrin marquis de Montespan et frère du défunt marquis d’Antin. Le 28 janvier 1663, Athénaïs épouse l’ami de son ex-fiancé et devient marquise de Montespan. Deux enfants naîtront de cette union : Marie-Christine (1663-1675) et Louis-Antoine duc d'Antin (1665-1736). Très vite, le mariage bas de l’aile : le marquis de Montespan s’endette dans sa passion du jeu et des paris et doit vendre ses biens ainsi que les bijoux de son épouse pour subvenir aux besoins des enfants.  Dès que sa fille atteint l’âge de 3 ans, Françoise-Athénaïs l’envoie chez la mère de son époux pour qu’elle y reçoive une éducation religieuse et qu’elle ne manque de rien car le ménage à du mal à joindre les deux bouts et vit sur des crédits. En 1664, Athénaïs avait quitté le service de la duchesse d’Orléans pour devenir dame d’honneur de la reine Marie-Thérèse d’Autriche grâce à l’intervention de Monsieur le duc d’Orléans, frère du roi. A la cour, la marquise de Montespan est admirée pour sa grande beauté, sa grâce lorsqu’elle participe à des ballets, son intelligence vive ainsi que pour sa conversation. Elle s’y est faite une amie en la personne de Louise de la Vallière, maîtresse de Louis XIV. Cette dernière invite souvent Athénaïs à lui rendre visite lorsque le roi est chez elle car Mademoiselle de la Vallière sait que son amie a l’art de divertir le  monarque. Louis XIV est lui aussi charmé par la finesse d’esprit de la marquise et par sa beauté naturelle. Athénaïs devient la nouvelle maîtresse du roi dès 1667. La duchesse de la Vallière servira de paravent à cet amour jusqu’à ce que le roi obtienne la séparation des époux Montespan en 1673. Ce dernier qui au début semblait fortfrancoise_athenais_de_montespan bien s’accommoder de la situation, entra dans une folle colère quand il s’aperçut qu’Athénaïs était de nouveau enceinte et qu’il n’était pas le père de l’enfant. Il promettait de se venger ! Un jour il force la porte de la marquise à la cour et se fit jeter dehors par les gardes. Louis XIV exila le marquis dans sa province en 1669. Ce dernier  emmène avec lui son fils le jeune Louis-Antoine. Sur ses terres, il fait passer son épouse pour morte et porte le deuil. Jusqu’en 1673, la duchesse de la Vallière fait figure de favorite officielle. Si à la cour, plus personne n’ignore qu’Athénaïs de Montespan est devenue la nouvelle maîtresse de Louis XIV, peu savent qu’elle en a déjà eu plusieurs enfants quand le 20 décembre de cette année, le roi légitime ceux qui ont survécus. La marquise aura en tout sept enfants du souverain :

- Louise-Françoise (1669-1672)

- Louis-Auguste (1670-1736) duc du Maine

- Louis-César (1672-1683) comte de Vexin

- Louise-Françoise (1673-1743) Mlle de Nantes puis duchesse de Bourbon

- Louise-Marie-Anne (1674-1681) Mlle de Tours

- Françoise-Marie (1677-1749) Mlle de Blois puis duchesse d’Orléans

- Louis-Alexandre (1678-1737) comte de Toulouse

Pour s’occuper de ses enfants illégitimes, Athénaïs engage en 1670 comme gouvernante Françoise d’Aubigné, veuve duAthenais_et_ses_enfants poète Paul Scarron. C’est sa chère sœur Gabrielle –devenue Mme de Thianges- qui lui a conseillé cette femme discrète et aimant les enfants. En 1674, tandis que la duchesse de la Vallière quitte la cour pour le Carmel, Mme Scarron et les enfants légitimés viennent habiter à la cour près du roi et d’Athénaïs. La marquise de Montespan apprécie beaucoup Françoise Scarron pour sa conversation, son intelligence et le soin qu’elle a de ses enfants. Les deux femmes s’entendent comme les meilleures amies du monde. En 1674, Athénaïs parle au roi pour Françoise qui désire une terre : Louis lui donne Maintenon mais  fait également de la gouvernante de ses enfants la marquise de Maintenon. Dés lors, les rapports entre les deux marquises deviennent tendus. Mme de Maintenon se permet d’aller contre les ordres d’Athénaïs concernant ses enfants et passe de plus en plus de temps avec le roi. Les disputes entre la favorite et la gouvernante se multiplient. Louis XIV envoie parfois son ministre de la guerre pour les réconcilier. Il dira avoir plus de mal à installer la paix entre les deux femmes qu’en Europe ! En 1675, la marquise de Montespan et le roi doivent se séparer car l’Eglise refuse de confesser Françoise-Athénaïs tant qu’elle attire le scandale sur elle. Le roi prend des petites maîtresses : Mme de Ludres, la princesse de Soubise...Mais en 1676, Louis XIV se remet avec Mme de Montespan. De leurs retrouvailles « naissent Mlle de Blois et le comte de Toulouse ». Mais cette fois Françoise de Maintenon refuse de s’occuper des deux derniers enfants d’Athénaïs car elle et le roi sont revenus sur la promesse de séparation qu’ils avaient faite à l’Eglise. Mme de Athenais_en_IrisMontespan supporte de moins en moins Françoise qui s’approprie ses enfants, plus particulièrement le duc du Maine. Parallèlement, c’est sous « le règne » d’Athénaïs que les arts (musique, théâtre) s’affirment car la marquise soutient Molière, Lully, Racine...la période de gloire du Roi-Soleil correspond justement aux années durant lesquelles la marquise de Montespan régnait en reine à la cour. Mais Athénaïs vieillit et elle le sait. Elle voit également que Mme de Maintenon insite le roi à se détourner d’elle pour revenir à la reine sans quoi dieu le punira. Françoise-Athénaïs met alors sous le nez de Louis XIV une jeune fille, Mademoiselle de Fontanges, demoiselle d’honneur de la duchesse d’Orléans. Cette jolie Marie-Angélique est d’une rare beauté mais assez naïve sans grande conversation. Le roi courtise la jeune fille d’à peine 17 ans mais semble épris d’elle plus que la marquise de Montespan ne le voudrait. En 1680, Athénaïs est éclaboussé car l’affaire des poisons : on la soupçonne d’avoir usé de philtres d’amour pour conserver le cœur du roi, d’avoir voulu faire empoisonner Marie-Angélique de Fontanges et d’avoir participé à des messes noires avec sacrifices d’enfants. Louis XIV fait taire toutes les accusations contre la marquise mais celle-ci perd à jamais la confiance et l’amour du roi. En 1681, Mademoiselle de Fontangesmarquise_de_Montespan meurt et les rumeurs d’empoisonnement reprennent. Pour arrêter les soupçons, Louis XIV continu à rendre visite à Athénaïs mais celle-ci sait fort bien que le roi ne l’aime plus et que Françoise de Maintenon est devenue sa maîtresse. Mme de Montespan reste à la cour pour ses enfants puis se retire en 1691 à l’abbaye de Fontevrault (où seront envoyées bien plus tard les filles de Louis XV) dirigée par sa sœur Marie-Madeleine. Athénaïs créé également le couvent de Saint-Joseph à Paris qui accueille des personnes âgées pauvres et des enfants. Délaissant ses belles toilettes, elle se rapproche de dieu par la prière et le jeune. En 1700, la marquise acquiert le château d’Oiron où elle s’installe en 1704 après la mort de Marie-Madeleine. Françoise-Athénaïs de Rochechouart Mortemart de Montespan mourut à Bourbon-l’Archambault le 28 mai 1707 à 66 ans.

pour en savoir plus : "Madame de Montespan "de Jean-Christian Petitfils

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Louis-Joseph, fils aîné de Louis XVI

louis_JosephFils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Louis-Joseph-Xavier-François né à Versailles le 22 octobre 1781. La reine a déjà mis au monde une fille en 1778 puis après une fausse couche en 1780, se retrouve de nouveau enceinte. Le dauphin fut baptisé sous les prénoms du frère aîné de Louis XVI, le roi rendant ainsi hommage à la mémoire de son frère aîné mort jeune. Marie-Antoinette adorait ce fils dont toute la cour avait tant souhaité la naissance. Un seul paru ne pas se réjouir de l’événement : le comte de Provence, frère du roi qui en l’absence de dauphin était l’héritier du trône. Ses espoirs de devenir roi semblent s’envoler. Mais en 1784, la santé de Louis-Joseph commence à décliner. L’enfant ne grandissait plus et était constamment souffrant. Louis_Joseph_et_sa_soeurLe dauphin se console néanmoins en jouant avec sa sœur Marie-Thérèse qui passe beaucoup de temps avec lui. Bien qu’il fût toujours souriant, l’enfant souffrit davantage par la suite : en 1787, les fièvres se succèdent et le dos du dauphin se déforme si bien qu’il est bientôt bossu. On l’installe alors loin de la cour à Meudon où Marie-Antoinette passe le plus clair de son temps à veiller son fils qui se montre toujours tendre. Au début de l’année 1789, Louis-Joseph perd la flexibilité de ses mains et de ses jambes et doit garder le lit en permanence où il souffre d’un corset qui doit redresser sa colonne vertébrale déformée. Ses rares sorties dans les jardins se font dans un fauteuil roulant. Devant l’état de son fils, la reine est au plus mal. Elle sait que son enfant est condamné. Louis-Joseph expire dans la nuit du 3 au 4 juin 1789. Son décès affecta énormément sa sœur aînée mais anéanti complètement Marie-Antoinette qui s’évanouit à l’annonce de la mort de son fils. Louis XVI fut également en proie à un immense chagrin. Le dauphin Louis-Joseph évita de peu la révolution française.

pour en savoir plus : "Le dauphin Louis-Joseph : fils aîné de Louis XVI" de Reynald Secher 

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21 septembre 2006

Louise de la Vallière, l'amoureuse sincère de Louis XIV

Fille de Laurent de La Baume Le Blanc seigneur de la Vallière et de Françoise le Provost, Françoise-Louise née le 6Mademoiselle_de_la_valli_re aout 1644 à Tours. On prendra l’habitude de l’appeler par son second prénom : Louise. En 1651, la petite fille perd son père. La veuve se remarie avec le marquis de Saint-Remy. Ce dernier connaît bien le duc d’Orléans, frère du défunt Louis XIII. Très vite, Louise devient demoiselle de compagnie des filles de Gaston de Bourbon-Orléans. Ce dernier en a eu trois de son second mariage avec Marguerite de Lorraine : Marguerite-Louise née en 1645, Elisabeth-Marguerite née en 1646 et Françoise-Madeleine née en 1648. C’est avec l’aînée que Louise tissera de solides liens d’amitiés. A l’âge de 17 ans, Mademoiselle de la Vallière entre à la cour comme fille d’honneur de la nouvelle duchesse d’Orléans (Gaston d’Orléans étant mort en 1660 son titre passait au frère de Louis XIV), Henriette d’Angleterre. Très vite, Louise sert de paravent aux amours du roi et de sa jolie belle-sœur. En effet, la reine et le duc d’Orléans se plaignent du comportement de leurs conjoints à la reine-mère Anne d’ Autriche. Louis XIV, pour calmer les choses, fait mine de s’intéresser à la jeune Mademoiselle de la Vallière pour pouvoir se rendre chez la duchesse d’Orléans. Mais il se trouve que Louise est amoureuse secrètement du roi et que ce dernier fini lui aussi par tomber sous le charme de la timide et charmante jeune femme. Dés 1661, Louis XIV devient l’amant de Louise. Celle-ci semble être honteuse d’être la maîtresse du roi et serait sans doute soulagée si Louis était un simple gentilhomme plutôt que le monarque de la France. Mademoiselle de la Vallière éprouva pour lui un amour pur et désintéressé. Dés le mois de décembre 1663, Louise met au monde très secrètement le premier des quatre enfants qui allaient naître de ses amours avec le roi. C’est un fils qui naît au palais de Brion que le roi a acheté pour sa maîtresse. L’enfant prénommé Charles est confié à Mme Colbert, Louis XIV ayant mis son ministre au courant de la situation. Personne d’autre et surtout pas la famille royale ne doit être dans la confidence. C’est à cette date que Louise cesse son service auprès de la duchesse d’Orléans qui de plus ne supportait pas que le roi ait pu la délaisser pour l’une de ses demoiselles d’honneur. D’ailleurs, Henriette d’Angleterre cherche à se venger de Louise en mettant sous le nez de Louis la jeune Anne-Lucie de La Mothe-Houdancourt et la princesse de Monaco. Pourtant, le roi revient toujours vers Louise. Celle-ci donnera encore trois enfants au roi :

-         Philippe (1665-1666)

-         Marie-Anne (1666-1739) Mademoiselle de Blois puis princesse de Conti

-         Louis (1667-1683) comte de Vermandois

louise_et_ses_enfantsLa mère du roi, Anne d’Autriche, désapprouve cette liaison. C’est pourquoi Louis et Louise se voient le plus souvent des endroits secrets (tel que la grotte de Thélys). Les enfants de Louise sont également éloignés et élevés loin de la cour. Louise ne verra jamais ses deux premiers fils morts en bas âge. Elle aime le roi et refuse de perdre son amour. Après la mort d’Anne d’Autriche en janvier 1666, Louis XIV affiche sa favorite : ou qu’il aille, Louise le suit, précédant parfois même le carrosse de la reine Marie-Thérèse !!! Sachant qu’elle est timide et peu cultivée, Louise fait venir de plus en plus souvent des ses appartements la marquise de Montespan qui a le don d’amuser le roi. Louis XIV, subjugué par la beauté et l’esprit de la marquise, ne va bientôt plus chez sa maîtresse que pour voir Mme de Montespan. En 1667, Louise est faite duchesse de la Vallière et de Vaujours et sa fille est légitimée. Certains y voient un cadeau d’adieu car le roi semble de plus en plus proche de Françoise-Athénaïs de Montespan. Celle-ci devient probablement la maîtresse de Louis dés cette année. Néanmoins, le roi garde la duchesse de la Vallière à ses côtés pour faire paravent à l’adultère qu’il commet (la marquise de Montespan est mariée). Louise, fatiguée par ses grossesses et par la vie à la cour où tout n’est qu’intrigues, s’efface, espérant toujours  récupérer le cœur de son amant. En 1669, son dernier fils est légitimé. C’est l’époque des « trois reines » : Marie-Thérèse d’Autriche épouse de Louis XIV, Louise et Athénaïs, maîtresses du roi. La duchesse de la Vallière qui cohabite sans cesse avec la marquise de Montespan en vient à exiger du roi que les faveurs soient égales entre elles : ainsi en 1670, Louise est de nouveau enceinte. Brusquement, elle tombe malade, perd l’enfant et on la croit elle-même condamnée. La duchesse survit mais cette épreuve l'a rapproché de dieu. Louise estime qu’elle a pêché en ayant une liaison avec un homme marié et qu’elle mérite une punition : elle porte des bracelets de fer sous ses jolies robes, ne mange plus et dortLouise_de_la_Valli_re à même le sol. Finalement, elle s’enfuit dans un couvent. En 1662 déjà, Louise avait quitté de nuit la cour après une dispute avec le roi. Ce dernier avait dû aller la chercher. Cette fois, le jeune amoureux n’est plus et c’est Colbert qui doit ramener la duchesse. A force de persuasion, Louise regagne la cour mais demande au roi l’autorisation de s’enfermer au Carmel. A cette date, plus personne n’ignore la relation de Louis XIV et d’Athénaïs qui lui a déjà donné plusieurs enfants. En avril 1674, après avoir fait des excuses publiques à la reine, Françoise-Louise de la Vallière entre au Carmel  sous le nom de sœur Louise de la Miséricorde à l’âge de 30 ans. Elle y fait pénitence, se lève tôt, fait les corvées, jeûne souvent et reçoit rarement la visite de certains courtisans dont la marquise de Montespan. Oubliée du roi, Louise meurt le 6 juin 1710 à l’âge de presque 66 ans. En apprenant son décès, le roi dire seulement « elle est morte pour moi le jour où elle est entrée au couvent ».

pour en savoir plus : "Louise de la Vallière" de Jean-Christian Petitfils

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