L'envers de l'Histoire

Comprendre l'Histoire simplement et intelligement

07 mars 2007

La mort de Gabrielle d'Estrées : la main de dieu ou celle de l'homme ?

Nous sommes en 1599, le roi Henri IV, fou de sa maîtresse Gabrielle d’Estrées, duchesse de Beaufort, a décidé de l’épouser contre l’avis des français et même du pape. Marié à Marguerite de Valois depuis 1572, le roi apprend enfinGabrielle_en_Diane que son épouse consent à divorcer en février 1599. Plus rien ne s’oppose à son union avec Gabrielle. Pourtant, celle-ci ne sera jamais reine de France, mourrant quelques heures avant son mariage, le 10 avril loin de son royal amant. Tout de suite, une rumeur circule et prend de l’ampleur : la duchesse de Beaufort est morte assassinée, victime d’un empoisonnement. La main de dieu a-t-elle frappé seule Gabrielle ou l’a-t-on aidé ? Qui avait intérêt à voir disparaître la duchesse ? A la vérité, beaucoup de monde ! Les français détestent Gabrielle d’Estrées qu’ils jugent capricieuse, hautaine et de mauvaise influence sur le roi mais qui en plus se permet de le tromper. Depuis que Henri IV l’a faite duchesse de Beaufort en 1597, le peuple ne l’appelle plus que « duchesse d’ordure ». Pourtant, le roi est très épris de sa maîtresse qui lui a déjà donné trois enfants et qui est enceinte de nouveau. En l’épousant, il donnerait ainsi un dauphin à la France, le petit César né en 1594. Mais pour épouser la belle, il lui faut d’abord divorcer. Or, la reine Margot n’accepta durant longtemps de se séparer de sa couronne uniquement si Henri épousait une femme de haute naissance et en aucun cas sa « putain ». Si Marguerite fini par céder, le pape ne l’accepte que si le roi épouse sa nièce, Marie de Médicis. C’est pourquoi, dans les mêmes temps qu’il prépare son mariage avec Gabrielle, le roi mène des négociations avec les Médicis ! La situation inquiète la duchesse qui ne comprend pas pourquoi son amant joue ce double jeu. D’un côté, Henri promet d’épouser Marie, de l’autre, il fixe son union avec Gabrielle pour la Saint-Quasimodo et le 23 février, il offre à sa maîtresse l’anneau du couronnement. Mais Gabrielle prend peur ; elle va jusqu’à dire au roi qu’il ne pourra plus avoir d’enfants un jour qu’il tombe malade. Etre impuissant ? Cela veut dire que son union avec Marie de Médicis ne donnera pas d’héritier à la France alors que Gabrielle lui a déjà donné des enfants. La duchesse de Beaufort va plus loin en consultant des devins : tous les présages sont néfastes. Henri_IVSelon l’un d’entre eux, Gabrielle « toucherait du bout du doigt à son dessein mais un petit enfant la garderait d’y parvenir » (et Gabrielle est justement enceinte), pour un autre, la duchesse ne devait se marier qu’une seule fois (elle avait déjà fait un premier mariage avec le seigneur de Liancourt), enfin, on lui prédit qu’elle mourra jeune (elle a 28 ans). Dans Paris, d’autres annoncent au peuple que la duchesse « ne verra point le jour de Pâques » (le 11 avril). En apprenant toutes ces prédictions, Gabrielle d’Estrées est prise de crises de paniques et si Henri la réconforte, lui ne s’en inquiète pas et trouve même absurde que sa maîtresse écoute ces racontars. Il est prévu que le couple se sépare le 6 avril, Henri IV voulant faire bonne impression en renonçant à sa maîtresse lors de la semaine sainte. Le roi part pour Fontainebleau, Gabrielle reste sur Paris. Sa piété publique n’édifia personne et Gabrielle alla trouver du réconfort le 7 avril chez le banquier italien Sébastien Zamet, intime d’Henri IV qui a souvent reçu le roi et sa favorite. Le 8 avril, après avoir mangé un citron, Gabrielle ressent des brûlures à l’estomac puis les premières douleurs de l’enfantement. C’est dans d’atroces souffrances qu’elle meurt le 10 avril après l’accouchement d’un fils mort-né. Détail important : le roi fut prévenu de la mort de Gabrielle seize heures avant qu’elle ne trépasse ! Avec la duchesse de Beaufort disparaît la menace d’une crise à l’intérieur du royaume qui aurait pu devenir une crise européenne pour le seul amour d’un roi envers sa maîtresse. Ce citron que Gabrielle avait mangé était-il empoisonné ? Depuis longtemps les conseillers et ministres du roi voulaient se débarrasser de Gabrielle, menace pour l’équilibre de la France. Zamet fut-il l’assassin de Gabrielle obéissant à quelques ordres ? La disparition de Gabrielle ne permit-elle pas à Henri IV d’épouser sans regretsHenri_et_Gabrielle_se_separent Marie de Médicis ? Certains vont jusqu’à penser que si la mort de Gabrielle arrangea bien les affaires du roi, ce dernier est impliqué dans son trépas. Poursuivant les négociations avec l’Italie tout en promettant de l’épouser, ne réagissant pas à ses crises d’angoisses, ordonnant une séparation avant le mariage et enfin n’accourant même pas auprès d’elle lorsqu’il apprit le 8 qu’elle allait mal. Au final, la mort de Gabrielle d’Estrées arrangea beaucoup de monde. Si pour certains, elle fut empoisonnée, la mort pu également être naturelle : la duchesse aurait été victime d’éclampsie, maladie survenant dans les derniers mois de grossesse qui était à l’époque fatale à l’enfant porté comme à la mère. Mais quand la mort frappe une personne si importante et dans des conditions si mystérieuses, l’hypothèse du poison prime sur toutes les autres !

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12 janvier 2007

Anne d'Autriche eut-elle des grossesses non désirées ?

Le  18 octobre 1615, le jeune Louis XIII épouse Ana Maria d’Autriche, infante d’Espagne rebaptisée Anne par les français. La reine mère, l’autoritaire Marie de Médicis ordonne que le mariage soit consommé immédiatement bien queAnne_d_Autriche_jeune Louis et Anne n’aient que 14 ans. Cependant, ce n’est que 23 ans plus tard, le 5 septembre 1638 que naîtra leur premier enfant, le futur Louis XIV.  Pourquoi donc une si longue attente ?  Certains –dont le frère cadet de Louis XIII, Gaston d’Orléans- se réjouissent très vite de la stérilité de la reine qui durera vingt-deux années. Pour d’autres, cette absence d’héritier est un vrai problème et beaucoup reprochent à Anne d’Autriche cette stérilité.  A la vérité, personne ne s’est vraiment soucier de savoir comment s’était passé la nuit de noce des jeunes époux : consommer un mariage à 14 ans sans se connaître et sans rien savoir des choses de l’amour fut une expérience traumatisante pour le couple. Cela aura pour conséquence un certain dégoût réciproque quand il s’agira de faire ce « devoir ».  Néanmoins, Louis XIII se montre attaché et amoureux de sa ravissante épouse qui n’était pas stérile  du tout puisqu’une première grossesse est annoncée en 1622. Malheureusement, Anne perd l’enfant rapidement à cause d'une chute au Louvre alors que la reine et son amie la duchesse de Chevreuse s'amusaient à courir dans les couloirs.  Nouvelle grossesse et nouvelle fausse-couche en 1625. Le roi, à la foi dépité, fâché, lassé par sa femme et dégoûté de son devoir conjugal, s’éloigne de la reine. Louis XIII vit ce manque d’héritier comme un drame et un signe néfaste du ciel. Tout cela plus l’influence du cardinal de Richelieu – qui cherche à perdre Anne dans l’esprit du roi-  n’aide en rien Louis à se rapprocher de son épouse qu’il fuit et ne veut plus voir. Alors que la France désespère d’avoir un dauphin et que Gaston d’Orléans se voit déjà roi de France,  on annonce en février 1638 que la reine est enceinte. Comment cela est-il possible ? Le 5 décembre 1637, Louis XIII rend visite à son ancienne favorite, Louise de la Fayette devenue Sœur Angélique au couvent des filles de Sainte-Marie, rue Saint-Antoine à Paris.  Le roi renvient de Versailles et doit se rendre ensuite à Saint-Germain. De ce que les deux anciens amants se sont dits dans le parloir, personne n’en sera jamais rien. Mais peut être Louise de la Fayette a-t-elle fait comprendre à Louis que sa situation était grave. S’il vient à mourir sans laisser de fils, la couronne passerait à son frère cadet l’intriguant Gaston d’Orléans. Au sortir du couvent, un orage s’abat sur la ville. Le roi décide d’attendre que le temps se calme, en vain. Encouragé par son capitaine des gardes, Guitaut, et peut être suite à sa conversation avec Louise, le roi Louis_XIII_jeuneprend la décision de passer la nuit au Louvre ou se trouve justement la reine Anne d’Autriche. Louis XIII partagera le repas de son épouse et son lit. Il repart le lendemain. Neuf mois après jour pour jour, né le futur Louis XIV.  C’est un miracle qu’à 37 ans, la reine mette enfin au monde un dauphin…si miraculeux que très vite – des l’annonce de la grossesse- des rumeurs circulent.  La première est que ce n’est pas la première fois que la reine accouchera : en effet, l’histoire prête à Anne d’Autriche de nombreux amants parmi lesquels le duc de Buckimgham,  le prince de Montmorency (décapité en 1632, à cause de cette liaison ?) et Antoine de Bourbon (fils d'Henri IV et de sa favorite Jacqueline de Bueil). Encore plus surprenant, Anne d'Autriche fut la maîtresse du propre frère de Louis XIII, Gaston d'Orléans avant son mariage avec Marie de Bourbon en 1626.  D’après l’historien Jean Guénot, la preuve des infidélités d’Anne se traduirait par  des grossesses non désirées bien sûr –puisque l’enfant n’est pas du roi ! – et des avortements pratiqués en secret avec l’aide de l’apothicaire de la reine…ce qui n’aurait pas empêcher Anne de faire dire des messes pour devenir féconde !  Elle aurait fait une fausse-couche en 1631 alors que Louis XIII n’avait plus de relations avec son épouse depuis 1625 ; enfin,  à l’approche de la naissance du dauphin, on murmure dans Paris qu’en 1636, la reine a accouché d’un premier enfant, un garçon qu’elle s’était empressée de faire disparaître,  ayant réussi à cacher sa grossesse au roi.  La disparition de ce premier enfant  aurait beaucoup affecté la reine.  Et si jusqu’à la mort de Louis XIII en 1643, le jeune dauphin est considéré comme son fils, au cours de la Fronde, une nouvelle rumeur affecte la reine : Louis XIV ne serait pas le fils de Louis XIII. Qui est le père ? On avance le mot de Mazarin, qui est le parrain de Louis XIV, un modèle voir un père spirituel pour le jeune roi.  Un argument renverse cette hypothèse : le cardinal de Mazarin est à Rome de 1636 à 1639. On évoquera également le cardinal de Richelieu qu’Anne d’Autriche déteste. On voit mal comment de ce fait, ce dernier pourrait être le père biologique de Louis XIV. Néanmoins, après l’affaire du Val de Grâce où la reine est menacée d’être répudierLouis_dauphin pour avoir correspondu avec l’Espagne, le cardinal aurait pu lui faire du chantage. De là, sort une histoire incroyable : la reine aurait cédé à Richelieu pour ne pas être renvoyée en Espagne.

Aujourd’hui Anne d’Autriche est considérée comme ayant été une reine pieuse qui, si elle a vécu un amour platonique avec le duc de Buckingham, n’a pu tromper le roi.  Si les rumeurs servent les intérêts des uns, elles ne sont pas toujours fondées.  La conception de Louis XIV est entourée de mystères que chacun interprètent. Cependant, la naissance le 21 septembre 1640 du petit Philippe duc d’Anjou, montre que Louis et Anne avaient fini par se rapprocher et mettre de côtés leurs différents.

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26 novembre 2006

Qui était le chevalier d'Eon ?

Le 5 octobre 1728, Françoise de Charanton donne un enfant à son époux, Louis d'Éon de Beaumont –qui est directeurchevalier_d_Eon des domaines du roi. L’enfant est baptisé Charles-Geneviève-Louise-Auguste-Andrée-Thimothée. Chose étrange pour un garçon d’avoir trois prénoms masculins et trois féminins ! Car pour tout le monde, il s’agit bien d’un fils. Le jeune Charles-Geneviève commence ses études en 1743 à Tonnerre dans sa Bourgogne natale avant d’intégrer le collège Mazarin à Paris. Diplômé de droit en 1749, Charles-Geneviève devient avocat au Parlement de Paris. Remarqué par Louis XV après ses écrits « Considérations Historiques et Politiques », il est nommé censeur royal pour l’Histoire et les belles lettres. Parallèlement, le jeune d’Eon de Beaumont apprend l’escrime et devient un bon cavalier. En 1755, Louis-François Ier de Bourbon-Conti charge le chevalier d’Eon d’une mission secrète auprès de la Tsarine de Russie  Elisabeth Ire. La France souhaite une alliance avec la Russieet Charles-Geneviève a pour rôle de séduire et de gagner la confiance de la Tsarine. Afin qu’Elisabeth Ire se sente plus proche de son espion, le prince de Conti décide de travestir le chevalier d’Eon qui devient Mlle Lya de Beaumont. Gagnant la confiance  la Tsarine, Mlle de Beaumont devient l’une de ses intimes et sa lectrice. C’est à son retour en France que les gens commencent à se poser  des questions sur le chevalier : Charles-Geneviève a trop bien joué son rôle de femme pour n’être qu’un travesti. De plus, on ne connaît  au jeune Beaumont aucune amourette ni fiancée alors qu’il passe pour être un fort bel homme. Il s’appelle Charles certes mais également Geneviève ! De 1758 à 1760, le chevalier est de nouveau en Russie où il passe pour une femme. Il parcourt l’Europe pour mener à bien des missions confiées par Louis XV mais il est tantôt habillé en homme, tantôt en femme. A son retour à Paris en 1760, Charles-Geneviève devient capitaine des Dragons et reçoit la croix du Saint-Esprit. Durant deux ans, il s’illustre au combat et les rumeurs sur sa féminité cessent : une femme ne peut se battre de la sorte et recevoir des commandements de la part du roi. En 1762, le chevalier d’Eon quitte l’armée pour reprendre son rôle d’agent secret en Angleterre à Londres où il travaille pour la politique de Louis XV. Selon les intrigues qu’il doit mener, le chevalier d’Eon se présente en homme ou en femme. Les anglais, perplexes face à cet étrange chevalier d’Eon  se mettent à parier sur son sexe si bien qu’en 1771, le montant parié atteint 300.000 livresMlle__Eon_Beaumont sterling ! Louis XV demande alors en 1774 à Charles-Geneviève de mettre un terme aux rumeurs et de déclarer s’il est un homme ou une jolie demoiselle. Le chevalier signe alors une proclamation dans laquelle il annonce être de sexe féminin. Cette constatation est établie et approuvée par plusieurs médecins. Dés lors, le roi ordonne à Charles-Geneviève de conserver ses vêtements féminins et de ne plus apparaître travesti en homme. Le chevalier d’Eon devient donc officiellement Mlle d’Eon. Il aura fallu des négociations de quatorze mois pour faire admettre au chevalier son sexe moyennant une rente. Etant une femme, Charles-Geneviève n’a plus accès à l’armée, aux affaires politiques et à la diplomatie. Devenant inactive, la jeune femme demande à Louis XV la permission de pouvoir à nouveau porter des vêtements d’hommes. Louis XV n’a pas envie que Mlle d’Eon de Beaumont soit de nouveau au milieu des rumeurs concernant son sexe et refuse. Après la mort de Louis XV, Mlle d’Eon de Beaumont renouvelle sa requête auprès de Louis XVI. C’est ainsi qu’en 1777, vêtue de son uniforme de capitaine des dragons, Charles-Geneviève supplie le roi de lui permettre d’user de nouveau de sa personnalité masculine. Mais Louis XVI soutenu par son ministre Maurepas campe sur les positions de son prédécesseur. Après un exil en Tonnerre, Charles-Geneviève repart pour Londres en 1785 où elle mène une vie de lady avant de perdre sa rente octroyé par le roi de France. Même après la révolution française et la mort de Louis XVI, la vieille Mlle d’Eon de Beaumont ne reprendra pas l’habit d’homme, sans doute résignée à être ce qu’elle a toujours été : une femme. Son père, déçu de ne pas avoir eu de fils avait-il dés la naissance de la petite Charles-Geneviève fait de sa fille un garçon ?  Cette hypothèse est retenue et on imagine que Mlle d’Eon qui avait été habituée et élevée en tant qu’homme avait voulu revenir à cette personnalité après 1774. Le 21 mai 1810, l’ex chevalier d’Eon s’éteint. Oubliée de tous, Charles-Geneviève était morte dans la misère. Lors de la toilette funéraire, les médecins et une quinzaine de personnes s’aperçoivent que la vieille dame était en fait…un homme ! Retournement incroyable de situation ! En 1774, le chevalier d’Eon avait pourtant affirmé être une femme et plusieurs médecins avaient confirmé ses dires. Pourquoi donc Charles-Geneviève a-t-il accepté d’être une femme durant quarante années ? Louis XV et Louis XVI étaient-ils aule_chevalier_d__Eon courant que Mlle d’Eon était en fait de sexe masculin ? Dans ce cas, pourquoi ont-ils refusé qu’elle redevienne un homme ? Après la mort de Louis XVI, pourquoi donc le chevalier d’Eon n’a-t-il pas reprit sa véritable identité ? Le 23 mai, un des membres de la faculté d’Angleterre déclara : « Par la présente, je certifie que j'ai examiné et disséqué le corps du chevalier d'Éon et que j'ai trouvé sur ce corps les organes mâles de la génération parfaitement formés sous tous les rapports ». Mais qui sait….si ces quelques personnes présentes autour de la dépouille de Charles-Geneviève s’étaient mises d’accord pour affirmer qu’il était un homme alors que c’était en réalité une femme ? Car pourquoi le chevalier d’Eon aurait-il menti sur son sexe féminin ? Le mystère demeure…

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28 août 2006

L'empoisonnement de Louis de France

philippe_iiiEn 1262, le futur Philippe III épouse Isabelle d’Aragon, belle et jeune princesse de 15 ans. Celle-ci lui donne quatre fils dont l’un mourra en bas âge. Alors que Philippe et son épouse suivent Louis IX à la croisade, le roi meurt laissant son trône à Philippe. Sur le chemin de retour alors de Philippe III traverse l’Italie, Isabelle qui est enceinte, tombe de cheval en traversant un gué. Elle meurt en mettant au monde un fils qui ne vivra pas. En 1274, Philippe III se remarie avec Marie de Brabant. Amoureux de son épouse, le roi se laisse facilement influencer par cette dernière qui lui donnera un fils puis deux filles. Pierre de la Brosse, premier ministre de Philippe III, prend ombrage de cette influence. S’ouvre alors une guerre privée entre la reine qui n’aime guère Pierre de la Brosse et ce dernier. Un soir de 1276, Louis de France, fils aîné de Philippe III et d’Isabelle d’Aragon –et donc futur roi- meurt après avoir bu un verre d’eau, empoisonné. Le ministre fait alors savoir au roi que c’est Marie de Brabant qui est l’auteur de ce meurtre car elle a l’intention de mettre son fils sur le trône de France. La reine repousse ces accusations et affirme que Pierre de la Brosse a assassiné le prince pour la perdre et la faire passer pour coupable aux yeux du roi. Indécis et ne sachant qui croire, Philippe III fait appel à une béguine-prophète originaire du Brabant qui dit que le roi ne devait « rien croire de ce que l’on voulait insinuer contre sa femme ; qu’elle était bonne et fidèle, et qu’elle l’aimait de tout son cœur, lui et les marie_brabantsiens ». Cela suffit à convaincre le roi de l’innocence de la reine. Celle-ci demanda alors l’exécution de celui qui l’avait accusé de la mort du prince Louis et était responsable de ce meurtre. Ainsi, Pierre de la Brosse fut pendu le 30 juin 1278 sans preuve de culpabilité sur simple parole d’une prophète et sur demande de la reine. Mais très vite, le peuple murmura que le roi avait fait pendre un innocent. Certains diront que c’est bien Marie de Brabant qui a fait tuer Louis de France et pourtant répondra-t-on, le second fils d’Isabelle d’Aragon est bien monté sur le trône sous le nom de Philippe IV alors que le fils de Marie de Brabant fut « simple » comte d’Evreux.  Si la reine voulait que son fils devienne roi, n’aurait-elle pas fait assassiner les deux autres fils d’Isabelle ? Non dira-t-on car après ce scandale, elle y renonça. Et pourquoi donc Pierre de la Brosse aurait-il fait tuer ce prince de 12 ans ? Quel avantage tirait-il vraiment de cette mort ? A moins que, comme le dit Marie de Brabant, il est fait empoisonné l’héritier du trône pour l’en accuser elle ? Ce qui est certain, c’est que Louis de France (1264-1276) à bien était empoisonné par un verre d’eau. Mais qui est à l’origine de ce meurtre ? Depuis plus de 700 ans, le mystère reste entier et si cela se trouve, ce n’est ni la reine, ni le premier ministre…

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13 juillet 2006

La mort prématurée des fils d'Anne de Bretagne est-elle un hasard ?

Le 15 novembre 1491, Anne de Bretagne épouse Charles VIII. Le couple développe des liens très forts et le 10anne_de_bretagne octobre 1492, la reine met au monde un fils, Charles-Orland. S’en suit ensuite deux fausses-couches en 1493 et 1494, la première au cours d’une chasse durant laquelle Anne ne s’est pas ménagée.  La seconde survient à Lyon alors que la reine voyageait en litière, à cause des pavés de la ville. Le 16 décembre 1495, le Dauphin meurt de la rougeole. Alors que ses parents pleurent la mort de l’héritier du trône, le cousin de Charles VIII, Louis d’Orléans montre sa joie car il est désormais l’héritier du trône. En 1496, la reine accouche d’un nouveau fils, Charles qui ne finit pas l’année. En 1497, un autre garçon né, François, qui ne survivra point. Le 20 mars 1498, c’est une fille qu’on a juste le temps de prénommer Anne avant qu’elle ne meurt. Lorsque le roi décède le 7 avril 1498, tous les enfants qu’Anne de Bretagne a mis au monde sont morts. Monte alors sur le trône le duc d’Orléans devenu Louis XII. Ce dernier se dépêche de faire annuler son union avec l’infirme Jeanne de France pour épouser la veuve de Charles VIII. En effet, si le roi mourrait sans enfants, la reine devait se remarier avec son successeur pour que la France conserve la Bretagne. Louis XII qui aime depuis longtemps Anne de Bretagne est ravi. La reine nourrit elle aussi de doux sentiments pour son nouvel époux. Si le couple n’a pas de fils, c’est un cousin de Louis XII, François d’Angoulême qui montera sur le trône. En 1499, Anne met au monde une fille prénommée Claude. Louise de Savoie, charles_orlandmère du duc d’Angoulême, parviendra à fiancer son fils à la princesse en 1406. En 1500, la reine donne naissance à un fils mort-né. En janvier 1503, c’est un autre fils, François, qui né mais qui ne termine pas le mois. On compte  une fausse-couche en 1508 et une autre mal située entre 1505 et 1509. Le 25 octobre 1410, Anne de Bretagne accouche d’une seconde fille, Renée de France. En janvier 1512, naissance d’un fils qui ne vit que quelques jours. La reine Anne n’aura pas d’autres enfants et mourut en 1514. Le second mariage de Louis XII avec Marie d’Angleterre  restera stérile et le roi meurt en 1515. François d’Angoulême devient François Ier. Résumons : de son premier mariage avec Charles VIII, Anne a perdu tous ses enfants, majoritairement des fils. De son union avec Louis XII, ne survivront que ses filles. On a vu le futur Louis XII se réjouircharles_1496 publiquement de la mort de Dauphin Charles-Orland et Louise de Savoie a toujours vu en son fils François le futur roi de France. Chose étrange en effet que les fils de Louis XII meurent tous au berceau et que ses filles atteignent l’âge adulte. Peut-on croire que d’abord le futur Louis XII puis Louise de Savoie soient à l’origine de la mort des fils d’Anne de Bretagne ? Ce qui est certain, c’est qu’Anne de Bretagne s’est toujours méfiée de Louise de Savoie. Celle-ci qui était très ambitieuse était- elle capable de tuer un nourrisson pour permettre à son fils de monter sur le trône ?

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23 juin 2006

Philippe-Egalité a-t-il échangé sa fille pour un fils ?

En juillet 1823, une certaine Maria-Stella, baronne de Sternberg entame en France une série de démarches afin de philippe_egaliteprouver qu'elle est de sang royal et la fille de Philippe-Egalité. On pourrait penser qu'il s'agit là d'une aventurière. Après tout, combien de personnes se sont présentées comme étant Louis XVII ? Or, il apparaît bien vite que la baronne est une dame de haut rang. Née le 16 avril 1773, elle est civilement la fille de Lorenzo Chippini, geôlier d'une prison en Italie. Elle a épousé un vieil aristocrate Anglais, lord Newborough qui lui laisse une grande fortune à sa mort. Maria-Stella devient ensuite la femme du baron de Sternberg.
A sa mort en 1820, Chiappini laisse une lettre à Maria-Stella dans laquelle il avoue qu’il n'est pas son vrai père. Il confesse avoir échangé son fils qui venait de naître avec la fille d'une personne de haute naissance sans dévoiler son identité. Maria commence ses recherches et fini par trouver la trace d’un couple nommé Joinville qui était de passage dans sa ville natale Modigliana. En 1824, Maria-Stella est reconnue officiellement comme étant la fille de Mr de Joiville mais qui était cet homme ? Pour Maria-Stella il est certain que Mr Joinville est Louis-Philippe-Joseph d'Orléans. La jeune femme avance plusieurs arguments : la confrontation entre des descriptions de l'époque faite par des personnes qui ont vu ce Mr Joinville et les portraits de Philippe-Egalité montrent une certaine ressemblance. Le duc et la duchesse d'Orléans avaient voyagé plusieurs fois son le nom marie_ad_la_de_de_penthievred’emprunt de Joinville. Et l'un des fils de Louis-Philippe d'Orléans porte le titre de prince de Joinville.
Maria-Stella avance qu'en 1773, Marie-Adélaïde de Penthièvre aurait mis au monde une fille. Le duc d'Orléans, alors duc de Chartres, aurait échangé sa fille avec le fils de l'épouse de Chiappini qu'elle venait de mettre au monde. En effet, en 1771, la duchesse de Chartes avait accouché avant terme d'une fille morte-née et on doutait quelque peu qu'elle puisse de nouveau porter un enfant. La seconde grossesse de 1773 était vue comme un miracle et le duc de Chartres désirait un garçon pour que la dynastie des Bourbon-Orléans ne s’éteigne pas. Avoir une fille l'aurait bien contrarié et moyennant finances comme Chiappini le disait dans sa lettre, il aurait pris le fils du geôlier à qui il aurait confié sa fille. Tout cela voudrait donc dire que Louis-Philippe Ier était un usurpateur et n'aurait jamais dû régner. La principale objection aux dires de la baronne c'est que Louis-Philippe est né en octobre 1773 et non en avril 1733 à l'inverse de Maria-Stella. Donc lors de la naissance de Maria-Stella, le futur roi des français était encore louis_philippe_ierdans le ventre de sa mère. Et lors de la naissance de l'enfant du duc de Chartres le 6 octobre 1773, des dizaines de personnes étaient témoins de l'accouchement. Difficile par la suite de substituer une fille avec un garçon.
Mais ses « preuves » lui suffirent et Maria-Stella s'en contenta jusqu'à sa mort le 23 décembre 1843 ne cessant de proclamer qu'elle est princesse d'Orléans et rassemblant des partisans. Elle décéda d’ailleurs en léger état de trouble mental. Aujourd'hui des historiens évoquent bien la probable substitution de Maria-Stella mais font de son père un souverain local (Este, Parme, Modène, Deux-Siciles, Toscane). Maria-Stella pourrait également être la fille d'un membre d'une famille princière italienne, qui aurait utilisé le nom de comte de Joinville pour dissimuler sa véritable identité - laquelle était connue des autorités locales. Probablement un membre d'une importante famille régnante, soucieux de sa succession. Il est donc fort possible que la baronne de Sternberg soit de sang royal mais pas de celui des Bourbon-Orléans.

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14 juin 2006

L'étrange mort de la duchesse de Fontanges

Lors de la fameuse affaire des poisons, un certain Guibourg avouait "avoir dû faire troisangelique_fontanges messes, quelques années plus tôt, sur le ventre d'une femme qui accouchait....le jour suivant cette troisième messe, La Voisin avait apporté les entrailles du nouveau-né chez Mme Dumesnil, pour distiller le sang et l'hostie dans une fiole de verre que Mme de Montespan emporta" Les quelques années plus tôt c'est à dire au tout début de la relation entre Françoise-Athénaïs de Montespan et Louis XIV, époque à laquelle, Louise de la Vallière était toujours à la cour. C'est horrible à imaginer mais donc, il faudrait envisager le fait que la marquise ait accouché durant une messe noire et que se soit son enfant qui fut sacrifié. Pourtant, à la première naissance en mars 1669, le roi est aux côtés de la marquise et toutes les naissances suivantes ne sont plus un secret pour personne. L'enfant suivant, le duc du Maine naissant en mars 1670, une seconde grossesse en 1669 est impossible. On tient peut être là la réponse au sujet du  possible huitième enfant de Louis et d'Athénaïs si on considère qu'un fils aîné a pu voir le jour en 1668 puisque la marquise de Montespan commence sa liaison en 1667. J'ai néanmoins beaucoup de mal à croire que Madame de Montespan ait pu participer à des messes noires avec sacrifices d'enfants et encore moins le sacrifice de son propre bébé. On notera quand même que tous les empoisonneurs avaient  la possibilité de communiquer entre eux en prison et qu'à première vu, ils s'étaient mis d'accord pour dire le plus souvent les noms de Madame de Montespan et de Mademoiselle de Fontanges en espérant ainsi ne pas avoir à subir l'épreuve de la torture. Ce témoignage est peut être monté de toutes pièces.
louis_xivMarie-Angélique de Fontanges meurt à l'âge de 20 ans en 1681. Lors de l'autopsie, faute de moyens vraiment médicaux, les médecins ont diagnostiqué une tuberculose avec "une pourriture total des lobes droits du poumon " et " de l'eau dans le membrane enveloppant le cœur qui a pour conséquence l'augmentation du volume du foie, ce que l'on appelle le foie gras". Ainsi, on nous donne là les causes de la mort de la duchesse mais qui ne se rattache en rien avec les pertes de sang dont elle fut victime durant des mois. Et pour cause, bien que les médecins aient tenté d'y voir clair à l’époque, ils ont vite été découragés. Ils avaient en tête d'expliquer tout bonnement ces pertes par un avortement raté. Les médecins pensaient donc que la jeune favorite de Louis XIV aurait été coupable de crime d’infanticide et ayant recours à l'avortement. Ce qui est un peu stupide car toutes les maîtresses du roi (et Marie-Angélique ne faisait pas exception) désiraient plus que tout donner des enfants au roi pour conforter leur place à la cour.
Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour qu'un médecin spécialiste, Yves Malinas procède à une étude de l'autopsie. Ainsi, trois siècles après la mort de la duchesse ce spécialiste réussi à parvenir à un diagnostique plus que convenable (et tout cela sans avoir le corps !!). Selon lui, Marie-Angélique est morte d'un cancer de la membrane fœtale. Après son accouchement, un morceau de placenta serait resté dans le corps de la duchesse et aurait ainsi provoqué ces pertes de sang. Or, Angélique de Fontanges accouche d'un fils fin décembre 1679. Bien qu'elle montre des signes de faiblesses dû a cet accouchement, elle n'en ait pas moins radieuse le jour de l'an 1680. A cette date, ses pertes n'ont pas encore commencé. Ces signes de faiblesses prouvent donc seulement que la duchesse supporte mal les grossesses à l'inverse de la marquise de Montespan. Lesfra_oise_de_montespan pertes de sang commencent à la mi 1680. Mme de Caylus écrit à propos de Marie-Angélique "cette fille s'est tuée pour avoir voulu partir de Fontainebleau le 13 mai (1680), le même jour que le roi quoiqu'elle fut en travail et prête à accoucher. Elle fut depuis toujours languissante." Selon Ernest Lavisse et Bernard Noël "Deux fausses-couches lui firent perdre la faveur du roi". Peut-on vraiment parler de fausse couche pour la première grossesse en 1679 puisque selon certains, ce fils mort-né soit disant aurait vécu jusqu'en janvier -certains disent même empoisonné par Mme de Montespan. Par contre, il est clair que pour Yves Malinas, ces pertes de sang découlent de cette seconde fausse couche (ou accouchement). Par contre, il y a maintenant de quoi remettre en cause les quelques sources qui parlaient d'un enfant (le plus souvent une fille) mort-né en mars 1681 car à cette époque, avec ses pertes qui durent depuis des mois, la duchesse peut difficilement être de nouveau enceinte surtout si un morceau du placenta est toujours en elle.
La légende veut qu'en 1695, le fantôme de Marie-Angélique apparaisse au roi alors qu'il vient de se coucher. La duchesse lui aurait alors demander de se défaire de la marquise de Maintenon et lui aurait rappelé que lorsqu'elle était encore vivante, il lui avait juré plusieurs fois qu'elle était la femme qu'il aimait le plus et que maintenant, elle était bien désolée de voir qu'il l'avait si vite oublié dans les bras d'une autre. La duchesse lui dit que le renvoi de Mme de Maintenon était  la seule solution pour alléger sa future peine au purgatoire car c'était là qu'elle se trouvait et que le roi se trouverait après la mort. Elle aurait dit également à Louis que ses années de règne étaient comptées et que bientôt, il viendrait la rejoindre, qu'elle l'attendait (il devait pourtant vivre encore 20 ans !!!). Elle fini par lui déclarer que c'était Mme de Montespan qui l'avait fait empoisonner et conjura Louis XIV de délaisser pour de bon Mme de Maintenon et de se tourner uniquement vers Dieu.
 

pour en savoir plus : " La duchesse de Fontanges" de Henri Pigaillem

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13 juin 2006

Napoléon a-t-il eu un enfant de sa belle-fille ?

napoleon1Napoléon veut un héritier mais son épouse Joséphine ne peut lui donner d’enfants. Pourtant, Napoléon se refuse à répudier son « oiseau des iles ». En 1802, il marie son frère Louis Bonaparte  à Hortense de Beauharnais, fille de Joséphine. La même année le 10 octobre, la jeune fille met au monde un fils, Napoléon-Charles. Bientôt, Napoléon désire en faire son héritier disant qu’ainsi  un peu de son sang et de celui de Joséphine couleront dans les veines de l’héritier. Beaucoup pensent que Napoléon fit de son frère Louis le roi de Hollande pour pouvoir adopter son fils en 1806 après avoir essuyé plusieurs refus. En vain, Louis refuse de laisse Napoléon-Charles à son frère. Napoléon se montre toujours très présent pour son neveu, le voit dés que possible et joue avec lui. On remarque même une ressemblance physique et morale entre Napoléon et l’enfant. Or, le 5 mai 1807, Napoléon-Charles meurt du croup. Hortense est abattue et Napoléon beaucoup plus affligé que Louis. Dés lors, Napoléon cherche à se séparer de Joséphine pour se remarier avec une femme en mesure de lui donner des enfants. Mais pourquoi donc ? Napoléon voulait comme héritier le fils d’Hortense et de Louis Bonaparte mais ceux-ci ont un second fils, Napoléon-Louis (né en 1804) et la belle-fille de Napoléon est bientôt enceinte de nouveau (du futur Napoléon III). Si l’aîné est mort, pourquoi Napoléon ne désigne-t-il pas son frère cadet Napoléon-Louis comme successeur ? Une belle hypothèse à cela : Napoléon-Charles était le fils d’Hortense et Napoléon Ier à l’inverse des deux autres fils d’Hortense qui ont pour père Louis Bonaparte. Cela est-il possible ? Napoléon a toujours considéré les enfants de Joséphine comme les siens et avait pour Hortense les plus douces intentions. Peu avant le mariage en 1802, Lucien Bonaparte vint trouver son frère Louis pour lui dire hortense« Hortense est la maîtresse de Napoléon ». A quoi, Louis aurait répondu que cela serrait vite terminé. Le temps pour Napoléon de mettre Hortense enceinte ? En tout cas, depuis 1801, des rumeurs courent aux Tuileries comme quoi Napoléon couche avec sa belle-fille.
Le petit Napoléon-Charles était-il bien l’enfant de Napoléon Ier ? Les historiens ne peuvent affirmer la chose ni la démentir.
Mais si Hortense a bien mis au monde un fils adultérin, elle n’aura que suivi une « tradition familiale » !! En effet, le premier mari de Joséphine, Alexandre de Beauharnais écrivit le jour de la naissance d’Hortense « Que penser de ce dernier enfant survenu après huit mois et quelques jours de mon retour d’Italie ? Je suis forcé de le prendre, mais j’en jure par le ciel qui m’éclaire, il est d’un autre, c’est du sang étranger qui coule dans ses veines ». Hortense naquit-elle vraiment avant le terme des 9 mois où a-t-elle pour père un des nombreux amants de Joséphine ? En tout cas Alexandre ne fit pas de distinctions entre elle et son fils Eugène (si Eugène est bien de lui !?!).

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Le Masque de Fer

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Depuis plus de trois cents ans, le mystère du Masque de fer fascine et l’on prête à ce prisonnier pas moins de cinquante visages possibles. De la plus improbable hypothèse à la plus vraisemblable, il convient  d’aller voir derrière le masque et surtout de ne pas prendre pour argent comptant tous les bruits qui ont couru sur l’identité du Masque de fer.

Itinéraire du Masque de fer

Le vendredi 19 juillet 1669, le ministre de Louis XIV, le marquis de Louvois informe Mr de Saint-Mars de l’arrivée prochaine à Pignerol d’un nouveau prisonnier nommé Eustache Danger. C’est dans cette prison que sont détenus également Nicolas Fouquet et le marquis de Lauzun. En octobre 1681, le dénommé Eustache Danger est conduit à Exilles toujours accompagné de Saint-Mars qui est devenu son geôlier et qui ne se séparera jamais de « son prisonnier ». Le 17 avril 1687, une nouvelle prison accueille Eustache Danger dans l’île de Saint-Marguerite près de la ville de Cannes. Enfin, au cours de l’année 1698, notre prisonnier et Saint-Mars arrivent à la Bastille ou le Masque de fer meurt le 19 novembre 1703. Son corps sera mis en terre au cimetière de Saint-Paul.

Les masques du prisonnier

Nous sommes en 1675. Saint-Mars demande à cette date la permission à Louvois de donner Eustache Danger à Fouquet en tant que valet : le ministre accepte. Dés lors, notre prisonnier est libre de confier ses secrets à Fouquet. Néanmoins, rappelons que l’ancien ministre des finances est condamné à perpétuité. Ce n’est pas le cas de Lauzun qui va être libéré et dont personne ne souhaite qu’il rentre en contact avec Danger. Pourtant en 1680 on découvre une ouverture entre la chambre du marquis et celle de Fouquet : Lauzun a  sans doute pu parler avec le prisonnier si Fouquet ne lui a pas déjà tout révélé sur son valet. L’ancien ministre est tellement angoissé devant la découverte de cette ouverture qu’il n’y survit pas et décède d’une crise d’apoplexie. Dés lors, il faut faire croire à Lauzun que ce qu’il a pu apprendre n’a guère d’importance ou que ce n’est que foutaises. On lui fait croire que ce valet a été libéré de sorte que quand lui-même sort de prison, il semble qu’il se soit tu. En réalité, Danger a été conduit dans la Tour d’en bas où il doit porter un masque d’acier a chaque fois qu’il reçoit la visite d’un autre que Saint-Mars (médecin, confesseur…). De la sorte, Lauzun ne peut se douter que ce prisonnier et l’ancien valet de Fouquet ne font qu’un.

Lorsque Danger doit changer de prison, il doit également revêtir ce masque au cours du voyage pour cacher son visage à ses gardes. C’est en 1687 qu’on lui pose un masque de velours noir dont on n’est pas sûr qu’il le porta tout le temps.

Eustache Danger

Qu’il soit ou qu’il ne soit pas vraiment Eustache Danger, c’est sous cette appellation que nous connaissons le Masque de fer…est il semble bien que cet homme soit réellement notre prisonnier. Ce dernier né en 1643 pourrait être un valet d’Henriette d’Angleterre, belle-sœur de Louis XIV et sœur de Charles II, roi d’Angleterre. En 1669, la France et l’Angleterre tentent de trouver un arrangement pour mettre fin aux divers conflits entre les deux pays. Il semble que Danger est servi d’espion, qu’il est eu un double rôle. Entre autre, il était au courant du souhait secret de Charles II de se convertir au catholicisme alors que l’Angleterre était protestante.  C’était là un véritable secret d’Etat qui fallait étouffer d’où son arrestation en 1669. Le 30 juin 1670, Henriette d’Angleterre qui connaissait donc l’identité de notre prisonnier –non masqué à cette date- meurt brusquement, se disant empoisonnée. L’aurait-on fait taire ?

Autre point qui conforte la théorie que Danger est le Masque de fer : le prisonnier est mort en 1703 et aurait dit à son confesseur qu’il devait avoir environ soixante ans. Eustache Danger étant né en 1643, les dates concordent.

Les hypothèses les plus soutenues

1)      Un certain Matthioli

Prisonnier de Saint-Mars, on voit souvent en lui le Masque de fer. Espion italien qui, servant ses intérêts,  était tantôt du côté de Louis XIV, tantôt du côté du duc de Savoie, il fut arrêté par le roi de France en 1679 en territoire ennemi. Comme il est illégal de tendre un piège à un homme hors du royaume de Sa Majesté, certains prétendent que le visage de  Matthioli  fut recouvert d’un masque pour que le duc de Savoie n’apprenne jamais qu’un de ses sujets se trouvent sans jugement et en toute illégalité, prisonnier du roi de France. Mais si on se penche sur la date d’arrivée de Matthioli à Pignerol, on constate que cela se produit dix ans après la date émise dans les correspondances entre Louvois et Saint-Mars. Autre point : Louis XIV fini par avertir le duc de Savoie sur le sort de son  espion et le duc n’est pas mécontent de s’en être débarrassé. Pourquoi continuer à lui faire porter un masque alors ? De plus, le nom de l’italien disparaît de la correspondance entre le ministre et Saint-Mars en 1694 pour la bonne raison qu’il est mort à Pignerol cette année là. Matthioli n’est donc pas le Masque de fer.

2)      Le comte de Vermandois

Fils légitimé de Louis XIV et de Louise de la Vallière, le comte de Vermandois meurt le 8 novembre 1683 à l’âge de seize ans, victime de maladie. Selon certain, c’est pour avoir giflé son demi-frère le Grand Dauphin que son père Louis XIV le fait passer pour mort et le fait disparaître derrière un masque. En 1786, Louis XVI décide de couper court aux rumeurs et fait ouvrir la tombe du comte. L’autopsie est formelle, il s’agit bien là des restes du fils de Louis XIV et de sa maîtresse.

3)      Le duc de Beaufort

Cousin de Louis XIV, né en 1616, François de Beaufort participe à la Fronde contre la politique de Mazarin et se range du côté du roi de France en 1653. En juin 1669, il est porté disparu à la bataille de Candie contre les turcs.  Son corps ne fut jamais retrouvé et les bruits commencèrent à courir sur un possible enlèvement souhaité par Louis XIV. De plus, le duc de Beaufort avait été l’amant d’Anne d’Autriche et pourrait être le possible père de Louis XIV. Sur son lit de mort, la reine-mère entretenu son fils seul à seul. Lui avoua-t-elle qu’il n’avait en fait aucun droit au trône et qu’il était un bâtard ? Personne ne peut le dire.

4)      Un frère aîné de Louis XIV

Tout le monde connaît la passion amoureuse qu’il y eut entre Anne d’Autriche et le duc de Buckingham et on parle d’un fils né de cet amour interdit. A moins que ce frère aîné qui aurait vu le jour en 1636, soit deux ans avant le roi soleil, n’ait pour père Richelieu. Devant l’incapacité de Louis XIII à donner un enfant à la reine, le cardinal se serait chargé d’assurer la dynastie des Bourbon.

5)      Un frère jumeau de Louis XIV

C’est la thèse la plus soutenu, celle qui alimenta le plus de romans ou de films. Louis XIV serait né le premier ce 5 septembre 1638 en présence de toute la cour. Son jumeau aurait vu le jour huit heures et demi après dans la soirée pendant le repas de Louis XIII  sans témoins ou presque. Le futur Louis XIV avait déjà été présenté comme Dauphin et le souverain pouvait craindre une querelle dynastique entre les jumeaux. Après tout, Gaston d’Orléans frère cadet de Louis XIII n’avait pas hésité à intriguer contre le roi alors on imagine ce qu’aurait pu donner un affrontement entre des jumeaux qui tout deux pouvaient prétendre au trône.

6)      Une fille  aînée de Louis XIII

Pourquoi enfermée une sœur aînée de Louis XIV sous un masque quand on sait que seul les mâles peuvent prétendre à la couronne de France ? Cela fait plus de vingt ans que le couple royal est stérile. Enfin en 1637, Anne d’Autriche est enceinte pour de bon mais aurait mis au monde une fille. Craignant de ne plus avoir d’autre enfant, Louis XIII aurait substitué à sa fille un garçon né le même jour d’un couple inconnu : c’est le futur Louis XIV. Seulement, en 1640, la reine met au monde un fils, le duc d’Anjou. Ainsi, le Dauphin est un usurpateur et l’héritier légitime de la couronne se voit attribuer le rôle de cadet. La situation implique davantage qu’on étouffe l’affaire de l’échange des enfants en 1638.

La théorie ne tient pas car il est certain que ceux qui ont vu le Masque de fer même le visage caché, on reconnu un corps masculin. De plus, devait-on vraiment faire disparaître de la sorte une femme ? Là où la théorie s’effondre c’est la naissance de Louis XIV qui se passa en public : le sexe de l’enfant fut donc connu de suite et la substitution est alors impossible.

Pourquoi un tel traitement ?

Si Eustache Danger fut traité comme un simple prisonnier, une fois que le masque fait son apparition, le régime change totalement. Il paraît que Saint-Mars nomme son prisonnier « mon prince », lui procure la meilleure nourriture, lui fournit un mobilier des plus riches qu’il puisse trouver. Le Masque de fer est servi à genoux par ceux qui lui apportaient son repas et en sa présence, Saint-Mars et tous gardes restent debout, ne s’asseyant que lorsque le prisonnier le permet. Un ancien valet de la princesse d’Angleterre mérite-il un pareil traitement de faveur ? Mais si le Masque de fer est un prince de sang, comment expliquer qu’on osa faire de lui le valet de Fouquet à Pignerol ?

Il semble qu’à partir du moment où Eustache Danger porte un masque, Saint-Mars monte une histoire invraisemblable pour alimenter les rumeurs. Si les gens sont occupés à chercher l’identité de ce prisonnier dans la haute noblesse, ils ne pourront jamais découvrir sa véritable identité de valet à la cour de France. Ainsi, Saint-Mars nous joue une belle comédie en prétendant détenir un prince et le servir comme tel. D’après les sources, ce serait même lui qui murmura que le Masque de fer était en réalité le duc de Beaufort en 1688 soit un an après l’apparition du masque sur le prisonnier.

Pourquoi ne pas avoir tué Eustache Danger ?

Si le Masque de fer n’était pas un prince de sang, pourquoi s’encombrer de ce prisonnier à qui il était interdit de dire qui il était sous peine de mort immédiate ? N’était-il pas plus simple de l’exécuter discrètement ? Sous l’ancien régime contrairement à ce que certains pensent, un homme ne peut être tué qu’après un jugement et une sentence. Le Masque de fer n’ayant pas eut droit à un jugement, point d’exécution. Déjà sous Louis XIII, Richelieu avait écrit à Rome pour demander si on pouvait exécuter discrètement un homme pour raison d’Etat (à cette époque, le duc de Montmorency se révoltait contre le roi) et ce fut un refus de la part de l’Eglise catholique. Louis XIV ne pouvait donc se rendre coupable d’un tel crime.

Un mythe

Aujourd’hui, il est quasi-certain que le Masque de fer était Eustache Danger, simple valet de la princesse Henriette d’Angleterre. Si beaucoup continuent à soutenir la thèse du jumeau ou du frère aîné c’est qu’une fois le masque tombé, la réalité déplait. Quoi ? Celui autour de qui on a construit tant d’hypothèses n’est qu’un valet qui tenait dans ses mains un secret compromettant l’honneur  d’un roi étranger ? Saint-Mars a donc construit lui-même le mystère enveloppant son prisonnier ? Non diront certains. Après tout même si de 1669 à 1703 on attache au prisonnier le nom d’Eustache Danger, qui peut affirmer que cet homme n’est pas mort d’une quelconque façon en 1681 ? Et que l’on se soit servi de son nom pour désigner ce prisonnier masque qui était en fait un prince de sang royal ? Oui, c’est possible...encore faut-il le prouver. Donnez à une énigme une solution qui ne plait pas, les gens s’empresseront d’émettre de nouvelles hypothèses qui séduisent davantage.

Eustache Danger est probablement notre homme, encore faut-il que cela plaise au public.

Selon la légende, dans la nuit qui suivit l’enterrement du Masque de fer, un homme curieux creusa la tombe pour trouver une grosse pierre à la place de la tête.

Pour certains historiens, les restes du Masque de fer sont dans les catacombes de Paris, quelque part perdus dans un tas de milliers d’os et de crânes. 

pour en savoir plus : "le masque de fer" de Jean-Christian Petitfils

 

Posté par niniss à 18:01 - Enigmes de l'Histoire - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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