L'envers de l'Histoire

Comprendre l'Histoire simplement et intelligement

04 mai 2007

Marie-Thérèse d'Autriche, la reine effacée

Le 20 septembre 1638, la reine d’Espagne Elisabeth de France met au monde son neuvième enfant, une fille prénomméeMarie_Therese Marie-Thérèse. Fille du roi Philippe IV, la jeune Marie-Thérèse reçoit une éducation stricte à la cour de Madrid. La princesse a 6 ans lorsque sa mère meurt durant son dernier accouchement en octobre 1644. Sur les treize enfants qu’Elisabeth avait mis au monde, Marie-Thérèse est la seule fille qui survit. Son frère aîné Balthazar-Charles est également le seul fils survivant. En 1646, la petite infante d’Espagne perd son frère, emporté par l’appendicite à l’âge de 16 ans. Toutes ces décès marquent Marie-Thérèse qui a du mal à se relever. En 1649, son père Philippe IV se remarie avec la fiancée de Balthazar-Charles, la jeune Marie-Anne de Habsbourg qui sera pour Marie-Thérèse plus une sœur qu’une mère étant donné qu’il n’y a que quatre ans d’écart entre la nouvelle reine et la princesse. L’Espagne est en guerre depuis des années avec la France et l’infante a toujours eu à l’esprit un mariage avec son cousin Louis XIV. En 1659, le traité des Pyrénées met fin au conflit entre les deux pays. Marie-Thérèse devint un gage de paix et épouse comme elle l’avait toujours su, le roi de France le 9 juin 1660 à Saint-Jean de Luz. Avant de quitter son pays, Marie-Thérèse doit renoncer officiellement au trône d’Espagne. Cela ne pose pas de problèmes à Philippe IV à qui la jeune Marie-Anne a donné un fils en 1657. La dote de la jeune mariée est importante et l’Espagne ne peut la régler entièrement à cause du manque d’argent causé par la guerre. Arrivée en France, Marie-Thérèse n’est pas à la hauteur des espérances. D’abord, elle n’est point belle, seulement charmante et timide. Cette timidité se retourne contre elle : Marie-Thérèse se referme sur elle et ne joue pas son rôle de reine. L’épouse de Louis XIV ne parle pas un mot de français et ne semble pas décidée à apprendre la  langue de son pays d’adoption. A la fin de sa vie, elle ne comprendra encore qu’un mot sur quatre ! Suivre une conversation ou animer une petite cour lui sera toujours impossible.  Le 1er novembre 1661, la nouvelle reine de France met au monde un premier enfant, un dauphin prénommé Louis comme le roi. Ce même jour, Philippe, fils unique du roi Philippe IV, meurt à l’âge de 4 ans. Comme ceux d’Elisabeth de France, les enfants de la reine Marie-Anne de Habsbourg ne vivent pas. Cependant, le 6 novembre, la reine d’Espagne donne un nouveau fils à Philippe IV, le futur Charles II. En France, Louis XIV commence à se lasser de son épouse qui est sans cesse en train de jouer avec ses nains, bavarder avec ses femmes de chambres Marie_Therese_et_le_dauphinespagnoles et de boire du chocolat. En fait, Marie-Thérèse s’ennuie de Madrid. A la cour, la place de la reine est donc tenue par la belle-sœur du roi, la duchesse d’Orléans à qui Louis fait les yeux doux, ce qui attriste la pauvre Marie-Thérèse qui se réfugie chez la reine-mère Anne d’Autriche qui est également sa tante car sœur de Philippe IV. Le 17 septembre 1665, le roi d’Espagne meurt. La dote de Marie-Thérèse n’a pas été versée entièrement et, selon une close du contrat de mariage de l’Infante, la reine de France n’avait renoncé au trône d’Espagne que si sa dote était intégralement payée. Or ce n’est pas le cas : commence la guerre de Dévolution à la grande peine de Marie-Thérèse et d’Anne d’Autriche. Celle-ci meurt le 20 janvier 1666, privant Marie-Thérèse de son appuie à la cour. La guerre contre l’Espagne a fait gagner à la France de nombreux territoires avec le traité d’Aix-la-Chapelle. Après la mort de sa mère, Louis XIV impose à son épouse de vivre avec ses maîtresses : Louise de la Vallière, Françoise-Athénaïs de Montespan, Marie-Angélique de Fontanges….Marie-Thérèse se réfugie dans la prière sans se plaindre car elle aime son époux et endure ses infidélités soumise et résignée. Jusqu’à sa mort, Marie-Thérèse restera amoureuse de Louis XIV. Elle est d’autant plus malheureuse que ses enfants ne vivent pas : après le dauphin, la reine aura encore cinq enfants qui moururent tous en bas âge, victimes de la consanguinité :

- Anne-Elisabeth (1662-1662)

- Marie-Anne (1664-1664)

- Marie-Thérèse (1667-1672)

-Philippe (1668-1671) duc d’Anjou

-Louis-François (1672-1672) duc d’Anjou

Après l’affaire des Poisons (1678-1682) qui entraîne la disgrâce de la marquise de Montespan, le roi se rapproche deMarie_Therese_d_Autriche son épouse sur les bons conseils de Mme de Maintenon. Marie-Thérèse est ravie de ce changement de situation mais n’en profitera pas longtemps : revenant d’un voyage en Bourgogne, elle tombe malade et un abcès sous l’un de ses bras est mal soigné. Marie-Thérèse meurt le 30 juillet 1683 après avoir dit « depuis que je suis mariée, je n’ai eu qu’un seul jour de bonheur ». On ne sera jamais de quel jour il s’agissait. Louis XIV déclarera « c’est le premier chagrin qu’elle me cause ». Ainsi disparaissait une reine bonne mais qui passa inaperçu et qui ne joua aucun rôle politique.

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02 février 2007

Elisabeth de France, la reine mélancolique

Le 22 novembre 1602, la reine Marie de Médicis met au monde son deuxième enfant au château de Fontainebleau. AElisabeth_jeune son grand regret, ce n’est qu’une fille que l’on prénomme Elisabeth. En effet, la reine de France ne voudrait avoir que des fils et parle déjà de jeter la petite princesse à la rivière. Henri IV prend mieux la naissance de sa fille, consolant Marie en lui disant qu’il faut des princesses pour en faire des reines. Le dauphin Louis s’attache très vite à sa sœur et passe beaucoup de temps avec elle. Après la mort d’Henri IV en 1610, le petit Louis XIII se rapproche d’Elisabeth voulant la protéger comme l’aurait fait leur père. Le jeune roi a conscience qu’il est maintenant le chef de la maison des Bourbons et qu’il doit veiller sur ses frères et sœurs. Elisabeth dite Madame est décrite comme jolie et charmante. En 1612, est conclu un double mariage pour resserrer les liens entre la France et l’Espagne : Louis XIII épouse l’infante Ana-Maria-Mauritia –que nous connaissons plus sous le nom d’Anne d’Autriche- et l’héritier de la couronne Philippe est marié à Elisabeth. Madame épouse donc par contrat le prince d’Espagne le 25 aout 1612. Le mariage religieux n’aura lieux qu’en 1615. C’est donc le 18 octobre 1615 qu’Elisabeth épouse par procuration le fils de Philippe III. Pourtant, la sœur du roi de France failli bien ne jamais devenir reine d’Espagne : alors qu’elle et sa famille sont en route vers le lieu de rencontre avec l’Espagne, Elisabeth attrape la  petite vérole. Pour Marie de Médicis, ce n’est pas grave : si sa fille aînée meurt, elle donnera à l’Espagne la cadette Christine-Marie née en 1606. On voit l_echange_des_princessesbien là la tendresse de la reine-mère pour ses filles ! Heureusement, Elisabeth se rétablie. L’échange des deux princesses a lieu sur la rive d’Andaye entre le France et l’Espagne. Les deux futures reines montent chacune dans une barque et traversent la rive jusqu’au pavillon français ou espagnol. Les adieux entre Louis XIII et Elisabeth sont déchirants et émûent l’assistance. Le frère et la sœur ne se reverront jamais.  Après quelques paroles échangées avec l’infante d’Espagne, la princesse française est accueillie par sa famille adoptive.  Le 25 novembre, Elisabeth épouse en personne le futur Philippe IV dans la cathédrale Sainte-Marie. La future reine n’a que 13 ans et personne ne s’étonne qu’elle ne porte pas d’enfants tout de suite. En 1621, Elisabeth devient reine d’Espagne après la mort de son beau-père Philippe III survenue le 31 mars. C’est à partir de cette date qu’elle donne régulièrement des héritiers à Philippe IV :

-Marie-Marguerite (1621-1621)

-Marguerite-Marie-Catherine (1623-1623)

-Marie-Eugénie (1625-1627)

- une fille (mort-née en 1626)

- Isabelle-Marie-Thérèse (1627-1627)

-Balthazar-Charles (1629-1646)

-François-Ferdinand (1634-1634)

-Marie-Anne-Antoinette (1636-1636)

-Marie-Thérèse (1638-1683)

Elisabeth passe pour une reine triste et mélancolique. Philippe IV la trompe notamment avec une actrice MariaElisabeth_reine_d_Espagne Calderon dont il a un fils. Ses grossesses et accouchements sont épuisants mais ce qui chagrine la reine, c’est que sur les neuf enfants qu’elle a déjà mis au monde, seuls deux sont encore vivants à la fin de l'année 1638. Son pays natal lui manque et elle déprime loin de sa famille. En 1639, 1640 et 1642, Elisabeth est enceinte et à chaque fois elle est victime d’une fausse-couche. Il semble que les maternités précédentes ont épuisé la reine d’Espagne. Philippe IV ne parait pas s’en soucier fortement. En 1644, Elisabeth est une nouvelle fois de plus enceinte du roi. C’est la grossesse de trop.  Une fois de plus, la reine perd l’enfant avant terme et décède le 6 octobre à Madrid à presque 41 ans. Elle laisse derrière elle deux enfants qui souffriront de l’absence d’une mère, le jeune Balthazar-Charles et la petite Marie-Thérèse.

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06 janvier 2007

Les scandales de la reine Margot

MargotL’époux de Marguerite, Henri de Navarre n’est pas vraiment le mari dont on rêve : selon certains, le couple fit très vite chambre à part car la pauvre Margot ne supportait plus l’odeur d’ail et de bouc du futur Henri IV. Si Henri fut surnommé « le vert-galant », on pourrait également tracer la liste des nombreux amants de Marguerite ! Peu après son mariage en 1572, la reine de Navarre tombe amoureuse de Boniface de La Môle, un beau seigneur aux nombreuses conquêtes. Ce dernier fut impliqué dans un complot contre le frère de Marguerite, Charles IX. La reine de Navarre l’appris et mis en garde son frère adoré. Résultat : Boniface de La Môle fut décapité, causant un profond chagrin à la reine Margot. Il paraît qu’elle racheta la tête de son amant et l’enterra dans le jardin de l’abbaye de Montmartre. Marguerite s’en console et reprend des amants dont l’un se dégage du groupe : Jacques de Harlay, seigneur de Champvallon. La reine Margot cause scandales sur sandales en s’affichant avec des amants au grand mécontentement de son frère le roi Henri III. Le 7 aout 1583, un bal est donné au Louvres. Henri de Navarre est bien loin de son épouse, laquelle a compensé son absence par ses amants. C’est ce soir là qu’Henri III reproche à sa sœur son comportement et l’insulte de tous les noms possibles et inimaginables. Margot est également accusée par le roi d’intriguer avec son plus jeune frère François-Hercule duc d’Anjou contre la couronne et d’en être la maîtresse ! Le roi qui ne se maitrise plus fini par vociférer que Marguerite a donné un enfant à Champvallon. La reine de Navarre s’évanouie en entendant les accusations de son frère. Elle est finalement chassée de Paris et exilée à Nérac puis à Usson. Bien qu’enfermée, elle séduira encore jusqu’à ses geôliers. Marguerite pourra regagner Paris sous le règne d’Henri IV -dont elle a dû divorcer en 1599- en 1604. A cette époque, la grande beauté de la reine Margot s’en est allée laissant place à une femme laide et obèse mais qui collectionne toujours les amants. Revenons maintenant à ce soit disant enfant que Marguerite a donné au seigneur de Champvallon : Marguerite de Valois doit donner un héritier à son époux Henri de Navarre. N’étant pas enceinte aussi vite qu’on l’aurait souhaité, la reine est d’abord allée faire une cure à Bagnères pour favoriser sa fécondité. Dans Paris, on racontait bel et bien que la reine de Navarre avait dû avorter reine_de_Navarred’un enfant de son amant Champvallon. Cependant à l’époque, l’avortement était très dangereux. Il était pratiqué par des « faiseuses d’anges », lesquelles utilisaient des aiguilles à tricoter pour déloger l’embryon ou piétinaient le ventre de la future mère jusqu’au moment ou l’enfant qui n’était pas encore à son terme sorte. Dans nombreux cas, la mère ne survivait pas à l’avortement. L’ambassadeur d’Angleterre prétendait lui que Marguerite de Valois, enceinte, avait accouché. Elle aurait également eu un deuxième enfant en 1586 né au château de Carlat. Le père de celui-ci serait un certain d'Aubiac. Cependant, il paraît un peu illogique que Marguerite de Valois ait pu être enceinte : si elle et son époux faisaient chambre à part, c’était une fois le devoir conjugal accomplit. Connaissant l’ardeur de l’un comme de l’autre, comment expliquer que Margot pût être enceinte d’un de ses amants et pas de son mari ? Les rumeurs de grossesse de 1583 sont probablement basées sur le fait que la reine de Navarre avait pris du poids au cours de cette année. En tout cas, si il y eut un ou même plusieurs enfants illégitimes, personne ne sait ce qu’il(s) est (sont) devenu(s) ce qui renforce la probabilité que tout cela est pure invention. Cependant, ces ragots, crus par Henri III, auront fait beaucoup de tort à Marguerite. Celle-ci nia toute sa vie avoir avortée ou accouchée d’un enfant.

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22 décembre 2006

Catherine de Médicis et les prédictions

Toute sa vie, Catherine de Médicis aima s’entourer d’astrologues, de savants qu’elle consultait à tout sujet et croyait toujours ce qu’ils lui prédisaient. Ainsi le 18 octobre 1564, Nostradamus pénétra dans la chambre du jeune Henri de Bourbon duc de Vendôme presque âgé de onze ans. Après avoir longuement regardé le prince, il affirma « C’est lui quiCatherine__ses_fils_et_Margot aura tout l’héritage…Et si dieu vous fait grâce de vivre jusque là, vous aurez pour maître un roi de France et de Navarre » conclu-t-il en parlant au gouverneur d’Henri,  Mr de La Gaucherie. Et lorsqu‘Henri III de Navarre monta sur le trône de France sous le nom d’Henri IV, il était bien le premier  souverain à la fois roi de France et de Navarre.

Un soir de 1559, un astrologue de Catherine, Ruggieri, fit apparaître dans un miroir le jeune roi François II qui venait de monter sur le trône et dit « Il fera autant de tours sur lui-même qu’il a encore d’années à vivre une fois monté sur le trône ». Sous le regard de la reine Mère, son fils aîné fit un tour et disparu. François II devait mourir le 5 décembre 1560, soit bien un an après. Son second fils, futur Charles IX,  tourna treize fois sur lui-même. Lorsqu’il monta sur le trône il lui restait un peu plus de treize années vivre puisqu’il mourut le 30 mai 1574. Quant au futur Henri III, le fils préféré de Catherine de Médicis, il effectua quinze rotations. Il accéda au trône en 1574 et décéda le 2 aout 1589, soit après quinze ans de règne. En revanche, après l’apparition du futur Henri III (Catherine se doutait donc que déjà ni François ni Charles n’auraient de fils), ce fut Henri de Bourbon qui apparu. Ce fut clair pour la reine Mère : la dynastie des Valois devait s’éteindre pour laisser la place à celle de Bourbon. Catherine_de_medicisParmi les nombreuses prédictions faites à Catherine de Médicis, une autre entra également dans la légende : alors que le 3 janvier 1589 la reine Mère semblait à l’agonie, elle rassura son entourage car un certain Gauric lui avait prédit qu’elle mourrait prés de Saint-Germain. Catherine se trouvait alors à Blois, loin de la ville de Saint-Germain-en-Laye et de Saint-Germain-l’Auxerrois située près du Louvre.  Cela faisait des mois que Catherine se tenait à l’écart de ces endroits. Cependant, devant son faible état de santé, son fils Henri III lui demanda de recevoir les derniers sacrements le 5 janvier vers une heure du matin. La reine-mère y consentie et un aumônier qu’elle ne connaissait pas entra dans sa chambre. Catherine lui demanda alors comment il ne nommait et une demi-heure après, elle quittait le monde des vivants. L’homme avait pour nom Julien de Saint-Germain…

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05 octobre 2006

Comment Victoria devint reine d'Angleterre

CharlotteLe règne de Victoria Ire est connu de tous. D’abord princesse de Hanovre, elle devient en 1837 reine d’Angleterre et d’Irlande alors qu’elle n’a que 18 ans. En 1876, Victoria devient impératrice des Indes. Son règne s’éternise jusqu’en 1901. A cette date, la reine est devenue la grand-mère de l’Europe ayant des descendants dans toutes les cours européennes et même en Russie. Mais le plus surprenant, c’est l’arrivée de cette  reine sur le trône d’Angleterre, un trône dont elle n’aurait jamais dû hériter étant loin sur la liste des prétendants. Nous sommes en 1796. Georges III règne sur l’Angleterre. Son fils aîné le prince Georges vient d’avoir une fille de son épouse Caroline-Elisabeth Welf. Unique enfant de cette union, la princesse prénommée Charlotte est donc héritière de la couronne après son père. En 1816, Charlotte épouse Léopold de Saxe-Cobourg. Le 6 novembre 1817, la princesse meurt après l’accouchement d’un fils mort-né. La mort de Charlotte pose un problème important dans la famille. Qui héritera de la couronne une fois le prince Georges mort ? Le second fils de Georges III, Frédérique-Auguste duc d’York n’a pas eu d’enfant de son épouse Frederica de Saxe. Le troisième Williams duc de VictoriaClarence épouse en 1819 la jeune Adélaïde de Saxe. L’année précédente, en 1818, le quatrième fils de Georges III, Edouard-Auguste duc de Kent avait pris pour épouse Victoire-Marie-Louise de Saxe-Cobourg. S’ensuit une course contre la montre : en 1820, Georges III meurt et le prince de Galles devint Georges IV. Lorsqu’il trépasse en 1830, son frère le duc d’York est mort depuis trois ans sans laisser d’enfants. La couronne passe donc au troisième fils de Georges III : le duc de Clarence désormais Williams IV. La ravissante Adélaïde n’a su mener a terme que deux grossesses qui ont donné deux filles : Charlotte en 1819 puis Elisabeth en 1820. Hélas la première est morte-née, la seconde disparaît à deux mois. L’héritier suivante est donc –ou plutôt était donc- le duc de Kent, quatrième fils de Georges III. Ce dernier est mort en janvier 1820 peu avant son père. Heureusement, il a eu le temps d’avoir de son épouse Victoire, une fillette née le 24 mai 1819 et baptisée Alexandrina-Victoria. Ainsi, lorsque Williams IV décède le 20 juin 1837, sa nièce, fille unique du défunt duc de Kent monte sur le trône sous le nom de Victoria Ire.

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23 septembre 2006

Marie Stuart, reine de coeur

Les fées semblaient s’être penchées sur le berceau de Marie Stuart dés les premiers instants. Née le 8 décembre 1542 elle devient reine d’Ecosse à l’âge de six jours avec la mort de son père Jacques V dont elle est le seul enfant. A l’âgeFrancois_ii_et_Marie_Stuart de huit ans, la jeune reine est envoyée à la cour de France pour parfaire son éducation car elle doit épouser le futur roi François. Elle reçoit le meilleur accueil possible, parle bientôt quatre langues, joue de nombreux instruments de musique, chasse à merveille. Belle et intelligente, Marie séduit Henri II. Le 24 avril 1558, elle devient dauphine de France de par son mariage avec François. On ne peut pas avancer avec certitude qu’il y eut de l’amour entre les deux jeunes gens mais ayant été élevés ensemble, ils étaient très proches, avaient beaucoup d’affection l’un pour l’autre. Une amitié profonde les liait. Le 10 juillet 1559, Marie Stuart devient reine de France mais se heurte à Catherine de Médicis qui se soucie fort de la santé fragile de François II. Le jeune roi souffre en effet de végétations adénoïdiennes et d’un abcès derrière l’oreille. La reine Mère rend responsable Marie de la faiblesse de son fils en disant que la petite reine a un tempérament amoureux trop violent. Malgré sa maladie, François II tient à gouverner et doit faire face à la conjuration d’Amboise organisé en mars 1560 par des nobles protestants (dont Antoine de Bourbon) qui veulent enlever le roi et mettre sur le trône son cousin Louis de Condé. Trahi par l’un d’entre eux, le dénommé Pierre des Avenelles, ils sont arrêtés, jugés et exécutés sur ordre du roi, fort marqué et déconcerté par ce complot. A l’exception des princes de Bourbon et de Condé, les coupables seront pendus ou décapités. Dégouté par la politique, François II laisse sa mère prendre les rennes du pouvoir et se réfugie auprès de Charles_IX_jeuneson épouse à qui il se consacre avec une fougue maladive. Souffrant toujours de douleurs à l’oreille, François meurt complètement épuisé le 5 décembre 1560 à seize ans, victime d’un « abcès au cerveau ». Bien qu’aujourd’hui il semble que le roi soit mort d’une méningite encéphalique, Catherine de Médicis accusera Marie d’avoir fait mourir son fils d’épuisement. Même Michelet écriera « François II est mort de cette grande chamelle rousse de Marie Stuart ». La mort de François II causera néanmoins une grande et sincère peine à la reine de dix-huit ans. Catherine ne souhaite pas que sa belle-fille demeure en France et tandis que celle-ci fait ses adieux à la cour le 15 aout 1561, le jeune Charles IX, onze ans éclate en sanglot et s’enfuit dans sa chambre. Durant toutes ces années où Marie Stuart avait vécu en France, le petit Charles s’en était rapproché. Le nouveau roi écrivait des vers mélancoliques en pensant à Marie et portait même un portrait d’elle contre son cœur. Jusqu’à l’âge de seize ans, Charles IX ne pensa à aucune autre femme que Marie Stuart ne pouvant en regarder et encore moins aimer une autre. En repartant pour l’Ecosse, Marie avait conquis deux cœurs de rois de France : François II et Charles IX. Avec ce départ pour l’Ecosse, elle tournait la page de sa jeunesse et des jours heureux.

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12 septembre 2006

Anne Boleyn, épouse et victime d'Henry VIII

Anne_BoleynNée vers 1507 en Angleterre dans le comté de Norfolk, Anne Boleyn était la fille de Thomas Boleyn et d’Elisabeth Howard. La jeune fille fut élevée aux Pays-Bas avant de partir pour la France. En effet, la ravissante Anne accompagnait la jeune Marie Tudor, sœur du roi d’Angleterre Henry VIII afin qu’elle épouse Louis XII, veuf d’Anne de Bretagne. Dotée d’une grande beauté, Anne se fait très vite remarquer à la cour de France. A la mort de Louis XII en 1515, son cousin François d’Angoulême monte sur le trône sous le nom de François Ier ; Homme à femmes, le roi est séduit par Anne Boleyn et en fait sa maîtresse. Ayant entendu parler de sa grande beauté, -notamment par la sœur Mary Boleyn qui fut un temps sa maîtresse- Henry VIII obtient de François Ier qu’Anne soit attachée à la reine d’Angleterre Catherine d’Aragon. Ainsi, en 1525, Anne Boleyn s’en retourne en Angleterre. Depuis 1509, le roi d’Angleterre est marié à l’Infante de Castille qui ne lui a donné que des filles ou des fils morts en bas âge. Epris d’Anne, Henry VIII désire en faire sa favorite, la couvre de cadeaux et de lettres enflammées –bien qu’il n’aime pas particulièrement écrire- et va jusqu’à faire sa chère Anne marquise de Pembroke Or, au lieu de succomber, Anne Boleyn quitte la cour et fait entendre au roi qu’elle ne veut pas n’être qu’une maîtresse qu’il délaissera Anne_Boleyn_et_le_roipour une autre. Elle résiste à ses avances. Pour l’avoir, Henry VIII doit l’épouser. Etant soucieux d’avoir une descendance, Henry VIII demande au Pape Clément VII de bien vouloir faire annuler son union avec Catherine d’Aragon afin qu’il puisse épouser Anne Boleyn. Ce dernier refuse, le mariage ayant été consommé et n’ayant pas été stérile, il est impossible de le dissoudre. De plus, le roi d’Espagne Charles Quint –parent de Catherine d’Aragon- menace le Pape d’envahir Rome si il cède au roi d’Angleterre. Furieux, Henry VIII passe outre, abandonne la religion catholique et épouse Anne le 25 janvier 1533 après avoir répudié sa première femme. Le roi honora Anne en la faisant marquise de Pembroke. Très vite la reine est enceinte : le 3 septembre 1533, Anne met au monde un héritier. Tout le monde s’attend à un fils et le roi est d’ailleurs persuadé que sa reine n’a pu lui faire qu’un garçon. Hélas, c’est une fille qu’on baptisera Elisabeth. Le roi est extrêmement déçu et n’assiste même pas au baptême de l’enfant. Certain parlent d’une punition de Dieu qu’Henry VIII a renié pour devenir chef de l’Eglise Anglicane et épouser Anne Boleyn. D’ailleurs si on en croit les dires de l’époque, Anne n’est pas d’une grande beauté, s’emporte facilement, est d’un tempérament coléreux. Elle aurait une verrue dans le cou, un sein plus gros que l’autre et un sixième doigt à la main gauche. En 1534, la reine met au monde un garçon, Henry duc de Cornwall mais ce dernier ne survit pas. Henry VIII est-il victime d’une malédiction ? Le 29 janvier 1536, Anne Boleyn fait une fausse-couche d’un fils. Pour le roi s’en est trop. Il se détourne de son épouse, passant de plus en plus de temps avec la jeune Jane Seymour, appréciée par beaucoup à la cour à l’inverse d’Anne qui compte de nombreux ennemis. En mai 1536, la reine est enfermée à la Tour de Londres : on l’accuse de sorcellerie – son sixième doigt en est la preuve, d’avoir envouté le roi et voulu l’empoisonner, d’avoir envisagé de tuer Catherine d’Aragon et d’avoir commis l’adultère ainsila_reine_Anne que l’inceste : en effet sous la torture, le musicien favori de la reine avoue être son amant. Quant à l’inceste, elle l’aura commis avec son frère Georges Boleyn vicomte de Rochefort. Les accusations émanent de l’épouse de ce dernier, Jane Parker. Condamnée à mort, Anne Boleyn est décapitée à l’épée le 19 mai, deux jours après son frère et mille jours après son mariage avec Henry VIII. Catherine d’Aragon étant morte en janvier, le roi d’Angleterre épouse le lendemain même, le 20 mai, sa favorite Jane Seymour. Avant de mourir, Anne Boleyn avait déclaré être innocente des crimes dont on l’accusait et qu’elle n’avait jamais été infidèle au roi. Pour le peuple et surtout pour le roi Henry VIII, la jeune femme était indigne d’être reine car elle avait manqué à sa tache : donner un fils vivant à l’Angleterre. Bien que le roi en était amoureux, Anne Boleyn n’avait pas été à la hauteur. En 1542, Jane Parker était elle aussi exécutée avec la cinquième épouse d’Henry VIII, Catherine Howard –accusée d’infidélité- car elle aurait été la complice de la reine. Avant de mourir, Jane Parker déclarera «Je suis innocente du crime dont on m'accuse mais je meurs justement car j'ai menti, jadis, en accusant d'inceste mon mari George et la reine Anne ». Après la mort d’Henry VIII en 1547, son unique fils (que lui avait donné Jane Seymour) monta sur le trône d’Angleterre sous le nom d’Edouart IV. Il mourut en 1553 à 15 ans sans laisser d’héritier. La couronne passa à Mary Ire fille aîné d’Henry VIII et de sa première épouse Catherine de Castille. Celle-ci disparu en 1558 sans enfants. La Anne_Boleyn_dans_la_Tourseule héritière qu’il restait alors était Elisabeth, fille d’Anne Boleyn qui devint la légendaire « reine vierge » sous le nom d’Elisabeth Ire, régnant jusqu’en 1603. L’histoire d’Anne de Boleyn ne devait pourtant pas s’arrêter là. Après son exécution, on ne trouve pas de cercueil pour la reine. Son corps fut enfermé dans une boite trop petite puis enterré à la hâte sous la chapelle Saint-Pierre dans la Tour où elle avait fini ses jours. En 1864, la victime d’Henry VIII commençait à faire trembler l’Angleterre : durant une nuit d’hiver, une sentinelle aperçu son fantôme, une forme blanche flottant dans un épais brouillard. La dernière apparition d’Anne Boleyn date de 1936, 400 ans après sa mort : un garde vit une femme sans tête dans un des couloirs de la tour. Bien souvent, le fantôme de la reine avait été aperçu dans la chapelle sous laquelle se trouvait son corps. La Tour de Londres devait encore refermer bien des gens assassinés et devint la Tour Sanglante.

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07 septembre 2006

Marguerite de Bourgogne entre dynastie maudite et guerre de cent ans

En janvier 1328, le roi Capétien Charles IV le Bel meurt ne laissant que des filles. La couronne de France va alors àmarguerite_bourgogne son cousin Philippe de Valois (fils de Charles de Valois qui était le frère de Philippe IV). Le nouveau roi Philippe VI reçoit en 1329 l’hommage de son cousin le roi d’Angleterre Edouard III (qui est vassal du roi, dirigeant l’Aquitaine). C’est alors que Robert d’Artois (lointain cousin de Philippe VI) est condamné au bannissement et à la confiscation de ses biens en raison de sa mauvaise fois alors qu’il contestait les terres de sa tante Mahaut d’Artois. Fou de colère, Robert d’Artois part pour l’Angleterre et encourage Edouard III à revendiquer la couronne de France. En effet les derniers rois Capétiens furent Philippe IV puis ses trois fils Louis X, Philippe V et Charles IV (tous morts sans laisser de fils). Philippe VI est un neveu de Philippe IV mais il se trouve qu’Edouard III est un petit-fils de Philippe IV -sa mère, Isabelle de France étant la fille de Philippe IV. Le trône de France ne pouvant passer que d’homme en homme, le roi d’Angleterre fut écarté de la couronne française mais se trouve plus légitime que Philippe VI. Alors qu’Edouard III est sous la pression de Robert d’Artois, éclate un conflit avec l’Ecosse : l’Angleterre veut soumettre les écossais mais ces derniers sont soutenus par le roi de France. David Bruce, fils d’un chef opposant en Ecosse, trouve même refuge auprès de Philippe VI. Furieux, Edouard III cesse de vendre la laine anglaise en Flandres. Philippe VI réplique en prononçant en 1337 la saisie de l’Aquitaine. La guerre de Cent Ans commence. En 1340, Edouard III ne proclamera roi de France. La guerre  qui entrainera plusieurs générations dans le conflit ne prendra fin qu’en 1355.

Maintenant que le décor est planté, j’en viens à cette reine qui a en quelque sorte permi que cette guerre soit possible. Philippe IV marie ses trois fils avec trois princesses de Bourgogne : Marguerite épouse le futur Louis X  et ses cousines Jeanne et Blanche deviennent les femmes des futurs Philippe V et Charles IV. En 1314, éclate un scandale : Marguerite et ses belles-sœurs sont accusées d’adultère. Si Jeanne n’est que la complice, Marguerite et Blanche ont toutes deux un amant : il s’agit des frères Philippe et Gautier d’Aunay qui sont condamnés à mort. Les princesses sont emprisonnées. A louis_xcette époque, Marguerite de Bourgogne a déjà mis au monde une fille, Jeanne, née en 1311. A la mort de Philippe IV, Louis X devient roi et donc Marguerite, nouvelle reine de France quoique toujours détenue. Louis X ne veut pas la reprendre et en 1315, Marguerite est retrouvée morte dans sa prison, probablement assassinée sur ordre de son époux. Louis X épouse de suite Clémence de Hongrie. Il meurt en 1316 laissant la reine enceinte. En novembre, un fils né, Jean Ier qui trépasse au bout de quatre jours. Reste la fille de Louis X et de Marguerite de Bourgogne comme héritière du trône. C’est la première fois qu’un roi meurt sans laisser de fils. On met alors en place la loi salique qui stipule qu’une femme ne peut hériter de la couronne de France sous prétexte qu’elle pourrait l’apporter en dote si elle se mariait. Pourtant, en Navarre, Espagne, Angleterre (…) le roi lègue sa couronne à son fils aîné puis si ce dernier meurt avant son père, à son cadet en ainsi de suite. Si à la mort du roi, il n’y a pas d’enfants héritiers mâles, la couronne passe à la fille aînée du roi ou à sa cadette si celle-ci est morte avant son père. Ainsi, le roi transmet le trône à son fils le plus âgé et s’il n’en a pas à sa mort, à sa fille la plus âgée. Pourquoi ne pas le faire en France ? Le « bébé-roi » étant mort, la logique voudrait que le trône aille à Jeanne issue du premier mariage deJeanne_de_France_fille_de_Louis_X Louis X avec Marguerite. Seulement voilà, Marguerite ayant trompé son époux, il n’est pas certain que Jeanne soit la fille de Louis X. La famille royale refuse de mettre sur le trône une -peut être- bâtarde. Ainsi est mise en place la loi salique, basée sur un prétexte de dote. C’est donc le frère cadet de Louis X, le comte de Poitiers qui devient roi sous le nom de Philippe V. Mais à sa mort en 1322, il ne laisse lui aussi que des filles. Le dernier fils de Philippe IV monte alors sur le trône sous le nom de Charles IV. Le roi parvint à répudier sa femme Blanche de Bourgogne et épouse Marie de Luxembourg puis Jeanne d’Evreux. Lorsqu’il meurt en 1328, il laisse deux filles.

Philippe VI obtient la couronne car son père Charles de Valois était le frère de Philippe IV. Edouard III ne peut réclamer le trône de France. Même si de par de sang, il est plus proche des derniers rois, il y a entre lui et son grand-père Philippe IV, une femme, Isabelle de France. Un trône ne pouvant se transmettre que d’homme en homme depuis la loi salique, Edouard III n’a en principe aucun droit sur le trône de France. Mais cela ne l’arrêtera pas et pour être le petit-fils de Philippe IV le Bel, il revendiquera toujours la couronne. Marguerite_de_BourgogneSi Marguerite de Bourgogne n’avait pas trompé son époux, elle n’aurait pas été prisonnière à vie et aurait pu donner des fils à Louis X. En admettant que le couple n’ait eu que la petite Jeanne, celle-ci aurait dû succéder à Jean Ier. Sans la loi salique, à la mort de Charles IV, sa fille aînée serait montée sur le trône. De la faute de Marguerite de Bourgogne et de son infidélité, une loi a interdit aux femmes de ceindre la couronne de France. La malchance (ou la malédiction des Templiers !!!)  ayant fait que les fils de Philippe IV sont morts sans fils et que le petit Jean Ire n’ait vécu que quelques jours (probablement empoisonné sur ordre du futur Philippe V), la guerre de Cent Ans a eu lieu.

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22 août 2006

Isabelle de Hainaut failli être répudiée à 14 ans

Le 28 avril 1180, Philippe II (dit Philippe Auguste) prend pour épouse la jeune Isabelle de Hainaut, fille du comte du Isabelle_de_hainautHainaut Baudouin V et de Marguerite de Lorraine comtesse de Flandres. Isabelle est sacrée reine de France à Paris le 29 mai. Elle apporte en dote le Vermandois, le Valois, l’Amiénois et l’Artois. C’est sur l’instigation de son parrain le comte de Flandres que le roi a décidé d’épouser la jeune princesse qui apportait à la couronne des terres importantes. En 1184, Isabelle a tout juste 14 ans et Philippe II décide de la répudier. Le roi doit en effet faire face à une coalition de vassaux parmi lesquels on trouve le comte de Flandres et le comte de Hainaut, parents d’Isabelle. Furieux que son épouse n’ait pas su rallier son père à sa cause, Philippe II prétexte un lien  de parenté avec la reine et surtout sa stérilité pour la répudier. Cependant, Isabelle n’a que 14 ans  et en comptait 10 lors de son union avec Philippe II. Peut-on parler de stérilité à cet âge quand on sait que durant les quatre années de mariage qui viennent de s’écouler le roi n’a pas porté un vif intérêt à son épouse ?  Ainsi, un matin de mars 1184, les philippe_ii_et_isabellehabitants de Senlis voient la petite reine en tenue de pécheresse, chemise blanche, un cierge à la main, marcher dans les rues de la ville, comme pour faire pénitence. C’est le jour où elle doit être répudiée et Isabelle prie dieu d’avoir pitié d’elle. Le peuple est ému de la voir misérablement vêtue et intervient en sa faveur auprès de Philippe II pour qu’il la garde à ses côtés. Devant la demande de son peuple mais aussi celle du Pape, Philippe II s’incline. Le traité de Boves est signé en 1185, mettant fin au conflit entre le roi et les seigneurs. Philippe II s’était alors montré toujours froid et distant de son épouse mais revient vers elle après cette réconciliation. Le 5 septembre 1287, Isabelle met au monde un fils prénommé Louis (futur Louis VIII). Philippe II, que la naissance d’un héritier a empli de joie, exige que l’on rende un immense hommage à la reine qu’il se met à aimer. D’autant que sur le plan militaire, le roi est en train d’écraser la puissance des Plantagenets (les rois d’Angleterre). Philippe II voulait qu’Isabelle soit « la plus grande et la plus honorée des reines de France ». Hélas, le 15 mars 1190, la reine Isabelle meurt après la naissance de jumeaux qui ne vivront pas. Le roi, qui se préparait à partir en croisade aux côtés de Richard Cœur de Lion, prend le temps de faire à Isabelle d’importante funérailles en la cathédrale Notre-Dame.

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14 juillet 2006

Les jeunes amours de Marguerite de Valois

On disait la future reine de Navarre d’une beauté surpassant toutes les femmes de son temps, c’était « une déesse de marguerite_de_valoisciel », « une princesse de la terre ». Pas un homme ne résistait à son charme physique. Marguerite ne possédait pas que la beauté. Elle excellait également en matière de conversations. Enfant sage, Marguerite devint moins chaste dés ses onze, âge auquel elle commença à avoir des amants !     On murmurent que la princesse aime l’amour et qu’elle n’y voit aucun péché. Pour elle, « un homme sans âme et un homme sans amour ». Margot devint à 15 ans la maîtresse de ses trois frères Charles, Henri et François-Hercule. Si certains historiens refusent à le croire, l’auteur du « Divorce satirique » le dénonce ainsi que Agrippa d’Aubigné dans « Les Tragiques ». Lorsqu’elle eut 18 ans, Margot tomba follement amoureuse de son cousin Henri de Guise, 20 ans. Doté d’un tempérament ardent tous les deux, ils ne cachaient pas le moins du monde leur amour et on les surprenait facilement dans les bras l’un de l’autre dans un jardin, sous un escalier, dans les couloirs du Louvre. Leur intimité était si publique que certains pensaient qu’ils s’étaient mariés secrètement. D’ailleurs, la princesse ne voulait épouser que lui mais Catherine et henri_duc_de_guiseCharles IX ne lui laissèrent pas le choix et la pauvre Marguerite dû épouser Henri de Navarre. Le jour du mariage, au moment de répondre « oui », Margot regarde vers le duc de Guise puis vers ses frères, désespérée. Finalement, Charles IX devra obliger sa soeur à incliner la tête au moyen d’un brusque coup de main. Ce n’est pas pour cela que la nouvelle reine de Navarre deviendra la femme d’Henri durant leur première nuit ! D’ailleurs, son époux dégage souvent une telle odeur que Margot ne peut demeurer dans le même lit plus d’un quart d’heure et fait faire changer les draps bien souvent. La jeune reine retrouve l’amour avec un certain Jacques de Harlay, seigneur de Champvallon mais il ne sera pas son seul amant. En 1583, devant toute la cour, Henri III énervé (et probablement jaloux) lui reprochera ses scandales amoureux, la traitera de tous les noms et ira jusque qu’à dire que Marguerite a donné un enfant à Champvallon. La reine de Navarre rétorquera «  Il se plaint que jemarguerite passe mon temps à faire l’amour, ne sait-il pas que c’est lui qui m’a mise le premier au montoir ? ». Margot avouait bien là que le premier a être rentré dans son lit était son frère Henri. Mais à la différence de beaucoup de roi et époux qui aurait répudié leur femme pour infidélités, Henri de Navarre n’y songea jamais. Dés le début  de leur union, d’un accord mutuel, Henri prenait des maîtresses et Margot des amants sans que l’un ou l’autre soit jaloux. Marguerite le fut néanmoins à quelques reprises, non pas parce que son époux avait une favorite mais parce que celle-ci se prenait pour la maîtresse dans la maison de Marguerite comme ce fut le cas de Françoise de Montmorency-Fosseux.

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