20 avril 2007
Le Comte de Toulouse, fils de Louis XIV
Dernier enfant de Louis XIV et de Françoise-Athénaïs de Montespan, Louis-Alexandre né à Versailles le 6 juin 1678.
Il est élevé avec sa sœur Françoise-Marie par Mme de Monchevreuil. En novembre 1681, le roi légitime enfin les deux derniers enfants de la marquise de Montespan et titre le petit Louis-Alexandre comte de Toulouse. En 1683, par le décès de son demi-frère le comte de Vermandois, Louis-Alexandre reçoit la charge d’Amiral de France. Il assumera toujours cette fonction avec sérieux. L’année suivante, le comte de Toulouse reçoit un régiment d’infanterie qui porte son nom. Cependant, l’enfant ne réclame aucun titre ni charge et reste modeste. Il se montre aimant envers le roi son père qu’il respecte beaucoup et envers sa mère Mme de Montespan, qui a bien des raisons de le préférer à son fils aîné le duc du Maine. En 1689, il est encore comblé par le roi qui lui donne le gouvernement de la Guyenne. En 1690, Louis-Alexandre est retiré aux soins de sa mère pour passer entre les mains de son gouverneur, le marquis d’O. Jeune garçon vivant sans faire de scandales dans une cour où ce cas est rarissime pour les enfants du roi, le comte de Toulouse devient chevalier des Ordres du roi le 2 février 1693 puis échange en 1695 son gouvernement de Guyenne contre celui de la Bretagne. Le 3 janviers 1696, Louis-Alexandre est fait Maréchal de camp puis lieutenant des armées du roi le 3 août 1697. Cette année là, le comte de Toulouse obtient le duché de Penthièvre. Bien que sa mère la marquise de Montespan ait quitté la cour en 1691, Louis-Alexandre entretient de fortes relations avec elle. Il s’entend également très bien avec son frère et ses sœurs et
s’attire toute l’estime du roi son père et de la cour. En 1704, Louis-Alexandre devient chevalier de la Toison d’or. La même année, il prend le commandement de l’armée navale. A la fin du mois de juin 1707, il perd sa mère et ne peut prendre son deuil. Il soutient et épaule ses sœurs mais c’est sans doute Louis-Alexandre qui fut le plus touché par la perte de la marquise. En 1711, le comte de Toulouse acquit le duché de Rambouillet. L’ultime faveur que lui fera Louis XIV sera de le placer avec son frère aîné le duc du Maine au rang des princes de sang. Dans son testament, le roi confit la régence du royaume à ses fils légitimés et en cas de décès du jeune héritier le dauphin, fait en sorte que le duc du Maine ou le comte de Toulouse puissent monter sur le trône. De la sorte, le monarque barre la route à son neveu ambitieux le duc d’Orléans. A la mort de Louis XIV, le royal testament est cassé et c'est ce dernier qui devient Règent de France durant la minorité de Louis XV. Si le comte de Toulouse s’efface, le duc du Maine trempera dans les intrigues pour renverser le duc d’Orléans. Le 2 février 1723, alors que son frère et ses sœurs sont mariés depuis longtemps avec des princes de sang, Louis-Alexandre fait un mariage d’amour
avec Marie-Victoire-Sophie de Noailles. Ironie du sort, l’épousée est la veuve de Louis Pardillan de Gondrin, petit-fils du marquis et de la marquise de Montespan. De ce premier mari décédé en 1712, Marie-Victoire a eu deux fils avec lesquels Louis-Alexandre aura de bons rapports. Avant cette union, la comte de Toulouse avait déjà eu deux fils illégitimes : Louis-Alexandre de Sainte Foy (1720-1723) et Philippe-Auguste de Sainte Foy (1721-1795). De son union avec la fille du duc de Noailles ne naîtra qu’un fils, Louis-Jean-Marie de Bourbon-Penthièvre (1725-1793). Louis-Alexandre de Bourbon s’éteint le 1er décembre 1737 à Rambouillet.
18 février 2007
La seconde Mademoiselle de Blois, fille de Louis XIV
Dernière fille de la marquise de Montespan et du roi Louis XIV, elle naquit le 4 mai 1677 au château de Maintenon.
Elle fut élevée par Mme de Monchevreuil avec son frère Louis-Alexandre né en 1678. Françoise-Marie ne fut légitimée qu'en novembre 1681. La marquise leur mère avait craint un temps que ses derniers enfants ne fussent pas reconnus par leur père en raison de sa faveur qui était à la baisse. La fillette fut titrée Mademoiselle de Blois et vécu au château de Versailles avec ses frères et sœurs. Dotée d'un caractère orgueilleux et fier, elle voulait ce qu'il y avait de mieux et fut ravie d'apprendre qu'elle épouserait le 18 février 1692 le neveu du roi, Philippe II de Bourbon-Orléans, duc de Chartres (futur Régent) fils unique de Monsieur (frère de Louis XIV) et de la princesse Palatine. Cela lui donnait un rang supérieur à sa sœur aînée la duchesse de Bourbon. Ce n'était cependant pas un mariage d'amour : combien de fois avait-on prevenu la princesse que le duc était volage ! ce à quoi elle répondait "peu m'importe qu'il m'aime pourvu qu'il m'épouse ! " Françoise-Marie aimait le jeu et les fêtes. Son
méchant caractère la brouillait souvent avec sa mère la marquise de Montespan et sa belle-mère la duchesse d'Orléans qui n'acceptait pas que son fils eut épousé une bâtarde. Jalouse de sa demi-soeur la princesse de Conti qui était la préférée du roi, Françoise-Marie s'allia avec sa sœur Louise-Françoise pour critiquer sans cesse la fille aînée de Louis XIV. Bien que sachant son époux de nature inconstante, la duchesse de Chartres ne supporta qu'un temps d'être trompée et se plaignait sans arrêt à son père des infidélités de Philippe. Cela entraîna une violente dispute entre Louis XIV et Philippe d'Orléans, beau-père de la duchesse qui mourut peu de temps après. Le 9 juin 1701, Françoise-Marie devenait donc duchesse d'Orléans. Malgré un mari qu'elle n'aimait guère, la duchesse mis au monde huit enfants dont seulement un garçon :
- une fille (1693-1694) Mlle de Valois
- Marie-Louise-Elisabeth (1695-1719) Mlle de Chartres
- Marie-Louise-Adélaïde (1698-1743) Mlle d’Orléans
- Charlotte-Aglaé (1700-1761) Mlle de Valois
- Louis (1703-1752) duc de Chartres puis d’Orléans
- Louise-Elisabeth (1709-1742) Mlle de Montpensier
- Philippine-Elisabeth (1714-1734) Mlle de Beaujolais
- Louise-Diane (1716-1736) Mlle de Chartres
Elle se brouilla presque définitivement avec sa sœur la duchesse de Bourbon lorsque cette dernière s'opposa au mariage de sa fille Mademoiselle d’Orléans avec le duc de Berry, petit-fils de Louis XIV. Effet, la duchesse d'Orléans le voulait pour sa fille Elisabeth tandis que Louise-Françoise voulait lui faire épouser sa fille Louise-Elisabeth. Ce fut
finalement Françoise-Marie qui vit son enfant devenir l'épouse de Charles de Bourbon duc de Berry en 1710. Malheureusement, les relations entre la duchesse et ses filles étaient désastreuses car toutes étaient aussi capricieuses qu'elle l'avait été plus jeune. Ce fut surtout son aînée, cette chère Elisabeth qui lui fit le plus de tort. Elle reprochait à sa mère de n'être qu'une bâtarde et avait honte d'en être la fille. Le duc d'Orléans qui adorait Elisabeth était de plus en plus dur avec son épouse rien que pour être agréable à sa fille. D'ailleurs, Françoise-Marie devait également connaître un scandale humiliant pour sa famille : sa propre sœur Louise-Françoise lança la rumeur comme quoi le duc d'Orléans et sa fille la duchesse de Berry avaient commis l'inceste ensemble. Les bruits coururent jusqu'à la mort d'Elisabeth en 1719. Françoise-Marie se retrouva veuve le 2 décembre 1723 puis se réconcilia avec sa sœur aînée. Elle fut comme la duchesse de Bourbon fort bien avec Louis XV et décéda à Paris le 1er février 1749.
15 décembre 2006
Mademoiselle de Tours, fille de Louis XIV
Cinquième enfant issu des amours du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan, Louise-Marie-Anne vit le jour le 12 novembre 1674 à Saint-Germain en Laye. La petite fille fut le dernier enfant d'Athénaïs à être élevé par Mme de Maintenon. Louise-Marie fut légitimée par le roi en janvier 1676 et titrée Mlle de Tours. Elle avait reçu de la part de ses parents le surnom de "Toutou". On la disait jolie malgré qu'elle louchait quelque peu. L'enfant aimait beaucoup sa mère, Mme de Montespan ainsi que sa sœur aînée Mlle de Nantes. Mlle de Tours tomba malade au début de mois de septembre en 1681. Elle fut soignée par le médecin du roi, Fagon qui ne pu sauver la fille du roi,
probablement victime d'une maladie infantile. Louise-Marie-Anne décéda le 15 septembre à Bourbon-l'Archambault alors que sa mère venait la rejoindre. La petite princesse fut enterrée dans le tombeau des ducs de Bourbon le 19 septembre. La marquise de Montespan ne pu assister aux funérailles sur ordre du roi et fut abattue par la mort de sa fille. Mademoiselle de Nantes pleura elle aussi plusieurs jours le décès de sa petite sœur qui partageait son quotidien. Louise-Marie apparaît sur un tableau que le peintre du roi Mignard, fit après sa mort "la jeune fille aux bulles de savon".
26 septembre 2006
Mademoiselle de Nantes, fille de Louis XIV
Quatrième enfant de la marquise de Montespan et du roi Louis XIV, Louise-Françoise née à Tournai le 1er juin 1673.
Confiée comme ses aînés à Mme de Maintenon, elle reste inconnue de la cour jusqu'au 20 décembre de la même année où son père la légitime et lui accorde le titre de Mademoiselle de Nantes. Vivant désormais auprès de ses parents, elle est surnommée "poupotte" par le roi et Athénaïs. A l'inverse du duc du Maine qui considère sa gouvernante comme sa mère et dénigre Athénaïs de Montespan, Louise-Françoise n'aime pas la veuve du poète Scarron et devient vite la préférée de la marquise sa mère. Très proche de sa cadette Mlle de Tours, elle supporte très mal la mort de cette dernière en 1681. Louis XIV espère pour ses filles illégitimes un grand mariage et marie Mlle de Nantes avec Louis III duc de Bourbon, prince de Condé, petit-fils de Louis II (le Grand Condé). Louise-Françoise devient duchesse de Bourbon le 24 juillet 1685. Malgré son titre de duchesse, elle s'en tire avec un époux petit, bossu, une verrue sous l'œil et qui la trompe ouvertement en fréquentant des bordels et que la cour surnomme en raison de sa laideur « le singe vert ». Tandis qu'elle se désole de son mari,
Louise-Françoise trouve du réconfort auprès de ses parents et du Grand Condé qui la considère comme sa fille. A la fin de l'année 1686, la duchesse de Bourbon est atteinte de la petite vérole à Fontainebleau. Son mari se désintéresse de son épouse et retourne à ses scandales. Louise-Françoise est veillée par le Grand Condé (qui interdit même au roi l'entrée à la chambre de sa fille par peur de la contagion) et par sa mère. Mais bien vite on la croit perdu et la marquise de Montespan s'enfuit cacher ses larmes, désespérée de perdre Louise-Françoise qui lui ressemblait beaucoup et qui avait entre autre, hérité du célèbre esprit des Mortemarts. Mais contre toutes attentes, la duchesse survit et la mort emporte à sa place le Grand Condé et qui avait attrapé la maladie le 11 décembre 1686. Louise-Françoise donna à son époux neuf enfants qui atteignirent tous l'âge adulte :
- Marie-Anne-Eléonore (1690-1760) abbesse de Saint-Antoine des Champs
- Louis-Henri (1692-1740) prince de Condé
- Louise-Elisabeth (1693-1775) Mlle de Condé puis princesse de Conti
- Louise-Anne (1695-1741) Mlle de Charolais
- Marie-Anne (1697-1758) Mlle de Clermont
- Charles (1700-1760) duc de Charolais
- Henriette-Louise-Gabrielle (1703-1772) Mlle de Vermandois
- Elisabeth-Alexandrine (1705-1765) Mlle de Sens
- Louis-Henry (1709-1771) comte de Clermont
Elle fut toujours très proche de sa mère qu'elle visita souvent après que celle-ci eu quitté la cour en 1691. Fuyant son cruel mari, Louise-Françoise passe pour avoir été la maîtresse du prince François-Louis de Bourbon-Conti qui pourrait être le père biologique de sa fille Marie-Anne. La mort de son époux, Louis III de Bourbon-Condé, le 4 octobre 1710
la soulagea. La duchesse de Bourbon conserva malgré ses débordements amoureux, de bonnes relations avec Louis XV qui aimait converser avec elle. Désormais qu’elle libre et encore bien jolie, Louise-Françoise afficha sa liaison avec son amant, un certain Lassay. Mais la fin de sa vie ne fut pas tout repos : la plupart de ses enfants étaient entourés par le scandale et son fils aîné préférait passer tout son temps avec sa favorite plutôt que de faire un enfant à son épouse. Sa fille aînée Marie-Anne-Eléonore avait hérité de la « folie des Condé » que l’épouse du Grand Condé, Claire-Clémence de Mailly, avait fait rentrer dans la famille et on disait la princesse cruelle et fort méchante. Louise-Anne passait pour avoir épouser secrètement le duc de Richelieu et être rentrée la première dans le lit de Louis XV. En 1722, Mlle de Vermandois qui était au couvent de Fontevrault fut au cœur d’un drame : un jeune prête de 20 ans tomba amoureux d'elle et tua d'un coup de pistolet son confesseur qui tentait de lui faire entendre raison. Quant à sa fille préférée, Louise-Elisabeth, elle dû quitter son époux, Louis-Armand II de Bourbon-Conti qui se montrait froid et cruel avec elle. Louise-Françoise décéda le 16 juin 1743 à l'âge de 70 ans. On lui doit la construction du Palais-Bourbon à Paris.
pour en savoir plus : "Mademoiselle de Nantes, fille préférée de Louis XIV" de Jacques Bernot
15 septembre 2006
Le comte de Vexin, fils de Louis XIV
Fils du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan, le petit garçon né le 20 juin 1672 dans le château du Génitoy. C'est un enfant chétif et sa gouvernante, Mme Scarron doute qu'il ne vive bien longtemps. Il a de plus des problèmes de
formations : sa colonne vertébrale est de travers, l'une de ses épaules est plus haute que l'autre et il demeure bossu. Conformément au souhait du roi, l'enfant est baptisé Louis-César. Il vit comme ses aînés dans l'ombre de la cour jusqu'au 20 décembre 1673, date à laquelle Louis XIV légitime les enfants d'Athénaïs de Montespan. Louis-César est titré comte de Vexin. Craignant pour sa santé fragile et le destinant à l'Eglise, le roi le fait également abbé de Saint Denis. En 1674, Louis-César vient s'installer à la cour avec son frère aîné le duc du Maine, sa sœur Mlle de Nantes et leur gouvernante Mme Scarron. Les médecins de la cour tentent alors sans succès de faire disparaître sa bosse par tous les traitements possibles et imaginables. Cela nuit plus à l'enfant qu'autre chose. Dés 1675, la santé de Louis-César se dégrade : il est veillé par sa mère, sa tante Mme de Thianges et la reine Marie-Thérèse vient même prendre de ses nouvelles. Encore une fois, on craint qu’il ne meure. Pourtant, il survit mais c’est en 1678 que l'état du comte de Vexin se dégrade brutalement. Il ne quitte guère son lit et ne supporte plus la lumière du jour. Depuis que Louis XIV a mis un terme à sa liaison avec elle, la marquise de Montespan passe une grande partie de son temps auprès de son fils. Elle veille ainsi sur lui durant plusieurs mois dans le noir complet de la
chambre du prince. Louis-César s’éteint malheureusement le 10 janvier 1683 après une vie de souffrance. Il fallu arracher la marquise de Montespan du lit de son fils. Il fut enterré à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Peu avant de mourir, Louis-César avait eu ces mots pour sa gouvernante Mme de Maintenon : «« Madame, tout le temps que vous avez été commise pour surveiller ma conduite, j'ai tâché, autant qu’il a été en moi, de vous obéir pour montrer ma déférence à mes parents qui vous avaient placée auprès de nous ; Mme de Thianges, que j’aime pourtant de tout mon cœur, s’est bien trompée et, sans le vouloir, a bien trompé sa sœur en l’assurant que vous étiez franche et bonne, tandis que vous n’êtes ni l’un ni l’autre. Ne croyez pas que ce soit l’amour que vous portez à Mr du Maine qui inspire de la jalousie et qui m’empêche de vous aimer ; non, c’est parce que vous m’avez toujours conseillé la dissimulation, que vous me repreniez avec humeur quand je disais ce que je pensais, et que vous ne vous êtes pas cachée devant nous de ne pas aimer Mme de Montespan, tandis qu’elle vous comblait de bontés. Cela est vilain d’être ingrat, et je le dis devant ma bonne amie (c’est ainsi que le comte de Vexin aimait appeler sa mère) et devant Mme de Thianges : vous êtes une ingrate. »
Source des dernières paroles du comte de Vexin : "Louis XIV et son siècle" d'Alexandre Dumas
01 septembre 2006
Le duc du Maine, fils de Louis XIV
Le 31 mars 1670, la marquise de Montespan accouche secrètement d’un petit garçon confié immédiatement à Mme
Scarron, postée derrière les grilles du château. L’enfant prénommé Louis-Auguste a pour père Louis XIV et sa naissance ne doit être en rien dévoilée à la cour. Devenu très vite « le mignon » de Françoise Scarron, Louis-Auguste ne grandit pas bien, ayant une jambe plus courte que l’autre et ne peut marcher qu’avec assistance. Le 20 décembre 1673, le roi le légitime avec son frère et sa sœur. Il devient Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine. En janvier 1674, il s’installe à la cour avec sa gouvernante. La même année, le duc du Maine reçoit la charge de colonel général des Suisses. Brillant élève d’un caractère discret, il considère sa gouvernante devenue marquise de Maintenon comme sa véritable mère et dénigre Athénaïs de Montespan. Le jeune garçon va fréquemment en cure pour soigner la maladie de ses jambes. Il devra toujours s’aider de cannes pour se déplacer. Louis-Auguste apparaît comme le préféré de son père qui charge le maréchal du Luxembourg de lui enseigner la science militaire : ce fut un échec. Le duc du Maine ne sera jamais un brillant soldat. En 1680, Louis XIV déclare Louis-Auguste prince de Bourbon. En 1681, la Grande Mademoiselle, cousine du roi n’ayant pas d’enfants, lui cède la principauté de Dombes et le comté d’Eu. Louis-Auguste sera couvert de promotions par son père : en 1682 il devient gouverneur du Languedoc, en 1686 duc d’Aumale et chevalier du Saint-Esprit, en 1688, général des galères et en 1714 pair de France. En 1691, sa mère la marquise de Montespan quitte Versailles. A peine a-t-il entendu la nouvelle qu’il presse le départ de celle-ci afin de prendre ses apparentements allant jusqu’à jeter par les fenêtres le mobilier de Mme de Montespan ! Le duc du Maine veut un prestigieux mariage en sa qualité de prince de Bourbon. On lui propose
Anne-Marie de Bourbon-Condé mais le prince juge sa promise de taille trop petite et lui préfère sa cadette Anne-Louise-Bénédicte. Le mariage eut lieu le 19 mars 1692 sans la présence de Mme de Montespan. La duchesse du Maine est fort petite et d’un caractère certain. Elle reprochera toute sa vie à son époux d’être né illégitime tandis qu’elle était née « sans tâche dans le berceau ». De cette triste union naquirent quand même sept enfants. Le duc du Maine a le privilège d’assister au petit lever du roi en compagnie de Monsieur et du dauphin. Le 29 juillet 1714, Louis-Auguste est déclaré apte à monter sur le trône de France en cas de décès du dernier héritier direct de Louis XIV, le petit duc d’Anjou âgé alors de 4 ans. Le duc d’Orléans neveu du roi est ainsi écarté et de la Régence qui revient également au duc du Maine. Le 22 aout 1714, lorsque Louis-Auguste remplace le roi lors de la revue de la gendarmerie, le duc d’Orléans prend conscience de son évincement par Louis XIV. A la mort de Louis XIV le 1er septembre 1715, Louis XV a 5 ans et le duc du Maine se déclare régent conformément aux vœux de son père. Le duc d’Orléans s’oppose à cela. En tant que parent le plus proche de Louis XV d’un point de vue légitime, c’est à lui que revient la régence. Le 1er juillet 1717, le testament de Louis XIV est cassé. Selon Philippe II d’Orléans maintenant Régent « On nait prince de sang, on ne le devient pas ». La même année, entrainé par son épouse, Louis-
Auguste prend part à la conspiration de Cellamare visant à mettre sur le trône de France Philippe V d’Espagne (petit-fils de Louis XIV qui avait renoncé en 1700 à ses droits sur la couronne de France) ou l’un de ses fils si Louis XV devait mourir sans enfants. En effet, si l’enfant-roi meurt, le Régent deviendrait roi dans la logique des choses. En décembre, le complot fut découvert et le duc du Maine fut enfermé dans la forteresse de Doullens d’où il sorti en 1720. Louis XV aima toujours son cousin légitimé préférant sa compagnie à celle de Philippe d’Orléans. Une fois libéré, Louis-Auguste s’écarta de la cour et de la politique, préférant se retirer dans son château de Sceaux où il mourut le 14 mai 1736. Sur ses sept enfants, il lui en restait trois qui ne se marièrent pas. La branche Bourbon-Maine s’éteignit en 1775.
24 août 2006
Louise-Françoise, fille de Louis XIV
Elle née au mois de mars de l'année 1669 dans une petite maison entre le Louvre et les Tuileries. Sa naissance et son existence doivent demeurés secrets car sa mère, Françoise-Athénaïs de Montespan est mariée. Son époux, le marquis de Montespan, ayant légalement des droits sur cet enfant, Louis XIV décide de laisser dans l'ombre la petite fille. D'abord confiée à Mlle des Oeillets, dame de chambre de la marquise de Montespan, Louise-Françoise est élevée par Mme Scarron quelques semaines après sa naissance. Le roi ne vit jamais cet enfant dont il recevait des nouvelles par Françoise Scarron. Celle-ci l’amenait parfois en pleine nuit à sa mère. Au mois de février 1672, Louise-Françoise est prise par la fièvre et les coliques. Sa gouvernante en informe ses parents et demande l'aide d'un médecin de la cour pour sauver l'enfant qui résiste mal aux saignées. Son existence étant secrète, il est impossible à Louis XIV d'envoyer à son enfant les soins qui l'auraient peut être sauvé. En proie à de terribles migraines, Louise-Françoise décéde le 23 février, peu de temps avant son troisième anniversaire, probablement victime d'un abcès à l'oreille. L'enfant étant resté inconnu pour la cour, certain historiens en font néanmoins un garçon.
18 août 2006
Le comte de Vermandois, fils de Louis XIV
Le 2 (ou le 3) octobre 1667, Louise de la Vallière met au monde un fils à Saint-Germain-en-Laye. La favorite espère que cette naissance lui rendra le cœur de Louis XIV qui la délaisse depuis quelques mois pour la belle marquise de
Montespan. Hélas, le roi a cessé pour de bon d’aimer la douce Louise. L’ancienne favorite obtient néanmoins que son fils porte le prénom de Louis, celui du royal père. En 1669, Louis XIV légitime l’enfant en lui donnant le titre de comte de Vermandois. A cette occasion, le jeune Louis de Bourbon qui n’a que 2 ans devient également Amiral de France. En 1674, le petit prince perd sa mère : en effet, la duchesse de la Vallière a décidé de finir ses jours au Carmel alors qu’elle n’a que 30 ans. Louis se rapproche énormément de sa sœur Marie-Anne qui pourtant n’a qu’un an de plus que lui. Privé de mère, le comte de Vermandois trouve du réconfort auprès de la duchesse d’Orléans, la princesse Palatine Elisabeth-Charlotte. Cette dernière l’emmène dés qu’elle le peut voir l’ancienne duchesse de la Vallière devenu Sœur Louise de la Miséricorde. Affectueusement, Louis nommera toute sa vie sa mère « belle maman » en raison de sa beauté naturelle. Alors qu’il n’a pas 15 ans, en 1682, le comte de Vermandois commence à avoir de mauvaises fréquentations. Il fréquente entre autre le chevalier de Lorraine, favori du duc d’Orléans. A cette époque, le « vice italien » (l’homosexualité) augmente dans le royaume et le jeune Louis, influençable, est entrainé dans cette vie scandaleuse. Le duc d’Orléans, frère de Louis XIV, est depuis longtemps homosexuel et le roi l’a accepté. En revanche, venant de son fils, le monarque ne peut s’y résoudre. Les compagnons de débauches du comte de Vermandois sont rapidement exilés lorsque Louis XIV apprend que les amis de son fils l’entrainent dans une vie immorale. Le roi le réprimande fort sévèrement : Louis a perdu son prestige aux yeux de son père. Il est décidé que le jeune comte de Vermandois prendrait le chemin de l’exil en juin
1682 : il s’en va en Normandie, sur la demande de son royal père. Une question reste en suspend pour tout le monde : Louis XIV pardonnera-t-il la conduite de son fils ? En 1683, Madame la duchesse d’Orléans, qui a toujours aimé le comte de Vermandois, demande au roi de l’envoyer au siège de Courtray en Flandres afin qu’il rachète ses erreurs. Malheureusement, sur place, Louis est victime d’une forte fièvre. Malgré cela, le comte continuait à se battre pour retrouver son honneur auprès du roi, n’écoutant pas le marquis de Montchevreuil et le médecin royal d’Aquin qui lui demandaient de se ménager et proposaient de le conduire à Lille pour qu’il se repose. Louis de Bourbon mourut le 18 novembre sans avoir revu son père qui versa peu de larmes à l’annonce de sa mort. Avait-il jamais aimé cet enfant ? Lorsque Louise apprendra la disparition de son fils, elle dira qu’elle n’avait pas encore assez pleuré sa naissance pour pouvoir pleurer sa mort. Louis fut enterré dans la cathédrale d’Arras. Seules sa sœur, Marie-Anne et la princesse Palatine se montrèrent affectées par son décès.
24 juillet 2006
Mademoiselle de Blois, fille de Louis XIV
Le 2 octobre 1666, alors que la cour se rend à la messe, la maîtresse de Louis XIV, Louise de la Vallière, accouche secrètement d’une fillette que le roi prénommera Marie-Anne. Légitimée en 1667 sous le titre de Mademoiselle de Blois, Marie-Anne passe généralement pour être la fille préférée du Roi-Soleil –peut être parce qu’elle n’a cessé de lui rappeler sa favorite Mademoiselle de la Vallière. A l’âge de 7 ans, la petite princesse passe déjà pour être « un prodige d’agrément et de grâce ». Le roi désire la marier à un prince de sang et le 16 janvier 1680, Marie-Anne de Bourbon épouse le prince Louis-Armand Ier de Bourbon-Conti. Le mariage est l’occasion de grandes festivités mais la nuit de noce est restée dans l’histoire comme étant une catastrophe : le prince de Conti se montrant trop brutal, effraya sa jeune épouse qui de plus venait d’avoir ce qu’on appelle alors « ses époques » (ses règles). Epouvanté devant ce spectacle, Louis-Armand quitte la chambre criant qu’il ne partagera plus jamais son lit avec sa femme. Il n’est pas certain que le prince s’éloigna pour tout de bon du lit conjugal mais la princesse de Conti ne donna jamais d’enfant à son époux. Elle est d’ailleurs bien plus attirée par le frère de ce dernier, François-Louis de Bourbon-Conti qui serait devenu son amant. En 1685, Marie-Anne contracte la petite vérole. Si la princesse en réchappe, Louis-Armand en meurt le 9 novembre. Ravie d’être libérée de l’autorité d’un époux, la jolie veuve goutera aux plaisirs de célibataire et ne se remaria pas. A la mort de Louis-Armand Ier, François-Louis hérite du titre de premier prince de Conti et son épouse, Marie-Thérèse de Bourbon-Condé devient par conséquent princesse de Conti. Marie-Anne, désormais princesse douairière de Conti sera appelée la Grande princesse de Conti. Très proche de son demi-frère le Grand Dauphin, elle est par contre en guerre avec ses demi-sœurs les duchesses de Bourbon et d’Orléans, filles de Mme de Montespan. Les filles légitimées de Louis XIV recherchent chacune à avoir le plus de
prestige et les plus grands honneurs sans compter que bientôt, François-Louis lui préfère la duchesse Louise-Françoise de Bourbon. Alors que le dauphin s’ennuie avec son épouse Marie-Christine de Bavière, Marie-Anne lui présente une certaine Emilie de Choin que l’héritier du trône épousera après la mort de la dauphine. Le 6 juin 1710, la Grande princesse de Conti perd sa mère qui venait de passer ses dernières trente-six années au Carmel sous le nom de Soeur Louise de la Miséricorde. Marie-Anne devient dés lors duchesse de la Vallière ayant hérité du duché de sa mère. En 1713, la Grande princesse de Conti achètera l’hôtel de Lorges à Paris et en 1716, elle fait acquisition du château de Choisy. Marie-Anne de Bourbon décède à Paris le 3 mai 1739, victime d’une tumeur au cerveau.
20 juillet 2006
Charles et Philippe, fils de Louis XIV
En 1663, il apparaît clairement à la cour que le ventre de la maîtresse de Louis XIV, Louise de la Vallière commence à s'arrondire. Elle disparaît soudain de la cour et se réfugie au palais de Brion, acheté par Colbert sur ordre du roi pour sa favorite. Mademoiselle de la Vallière y met au monde son premier enfant dans le plus grand secret. Le 19 décembre, Louise est accouchée d'un garçon qui est baptisé sous une fausse identité : Charles, fils de M de Lincourt et d’Elisabeth de Beux. C'est Mme Colbert qui prend soin de l'enfant.
Le 7 janvier 1665, la favorite donne naissance, toujours dans son palais de Brion, à un second fils qui fut comme son frère aîné baptisé sous un faux nom : Philippe, fils de François Dercy et de Madeleine Bernard. Il rejoignit le jeune Charles chez les Colbert aux Tuileries.
Les deux fils aînés de Louise et du roi moururent avant d'avoir été légitimé. Charles succomba à la fin de l'année 1665 d'une grippe. Il n'avait jamais vu ses parents. Philippe recevait rarement les visites du roi son père mais plus souvent celles de sa mère qui essayait toujours de passer un maximum de temps avec lui. Louise qui aimait le calme et la discrétion fuyait la cour autant que possible pour rejoindre son fils à l’hôtel de Brion ou dans son appartement à Vincennes où elle pouvait voir Philippe en toute intimité. Auprès de son enfant, la favorite royale faisait de la broderie entre deux cajoleries. Philippe, qui était avec Mme Colbert quand sa mère n’était pas là, fut emporté au mois juillet de l'année 1666 un soir d'orage où le tonnerre grondait. Louise de la Vallière devait encore mettre au monde deux enfants, Mlle de Blois et le comte de Vermandois légitimés par Louis XIV.
Charles et Philippe n'ayant jamais "existés" pour la cour, il n'y a pas de portraits d'eux.







