L'envers de l'Histoire

Comprendre l'Histoire simplement et intelligement

17 mars 2007

La famille du Comte d'Artois

famille_du_comte_d__ArtoisEn 1783, le peintre Charles Leclercq (1753-1821) fait un tableau de la famille du comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X.  Cette représentation met en avant les sentiments familiaux entre la comtesse d’Artois et ses enfants. Marie-Thérèse de Savoie  est ainsi peinte au centre du tableau en mère douce et aimante. Sur ses genoux aurait dû figurer sa deuxième fille, Mademoiselle d’Angoulême née en janvier de cette année mais décédée au mois de juin. Dans ses bras, Marie-Thérèse soulève son second fils le petit Charles-Ferdinand duc de Berry né en 1778. C’est à cette époque un enfant joyeux et plein de vie. Accoudé au sofa, le premier-né du couple d’Artois : Louis-Antoine duc d’Angoulême. Né en 1775, sa naissance fut très acclamée. En effet il était le premier enfant royal de sa génération. Cela ravit surtout son père le comte d’Artois, fier d’avoir eu un héritier avant son frère Louis XVI qui était pourtant marié depuis cinq ans alors que lui n’avait épousé Marie-Thérèse de Savoie qu’en novembre 1773. La comtesse tient la main de sa fille aînée et depuis peu unique, Sophie dite « Mademoiselle ». Celle-ci est née en 1776, 364  jours après Louis-Antoine, signe évident de la grande capacité de Marie-Thérèse à avoir des enfants. Curieusement, Sophie ressemble fort à sa cousine Madame Royale, fille de Louis XVI, peinte par Wertmüller.

La famille du futur Charles X apparaît ici dans un cadre bourgeois et chaleureux : celui de la famille soudée. Pourtant lala_reine_et_ses_enfants_par_Wertmuller réalité est toute autre. Marie-Thérèse de Savoie n’a jamais vraiment eu d’affection pour ses enfants. Lors du décès de la petite Marie-Thérèse-Louise-Sophie à l’âge de six mois en 1783, la comtesse ne versa  pas une larme alors que la reine Marie-Antoinette fut fort attristée de la perte de sa fille Sophie-Béatrice morte dans les premiers mois.

Assez étrangement, tous les personnages présents sur ce tableau auront un bien triste destin. La première victime fut la jeune Mademoiselle qui trépassa le 5 décembre 1783 juste après l’achèvement du tableau. Si son père Charles d’Artois montra un profond  chagrin face à la disparition de sa fille, la comtesse ne parue pas affligée de cette perte. Voit-on vraiment là la mère aimante représentée par Madame_Royale_par_WertmullerSophie_d_ArtroisLeclercq ?  Cet exemple illustre bien le peu de considération qu’avait Marie-Thérèse pour ses enfants.  Avec la Révolution Française, la famille du comte d’Artois due s’exiler.  Ne s’entendant pas avec son époux, Marie-Thérèse se sépara de lui et mourut oubliée de tous à  l'âge de 49 ans en 1805.  En 1820, Charles-Ferdinand était assassiné laissant une épouse enceinte de deux mois. Enfin le duc d’Angoulême devenu dauphin de France en 1824 lorsque son père devint roi et due en 1830 renoncer à ses droits au trône de France après l’abdication de Charles X. Entre l’abdication de son père et sa renonciation, Louis-Antoine fut l’éphémère Louis XIX, roi de quelques heures. Son union malheureuse avec sa cousine Madame Royale  fille d’un roi guillotiné resta  stérile.  Il s’éteignit dans l’ombre en 1844.

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24 septembre 2006

Deux princesses pour un portrait

Princesse_1Sur ces deux gravures de Nicolas IV de Larmessin (1684-1753) une même jeune femme. A en juger de par sa robe, le décor et surtout la couronne à droite du tableau, un s’agit d’une princesse. Ainsi nous avons deux princesses identiques sur les gravures. Dans l’histoire moderne de France, nous connaissons des jumelles : les filles de Louis XV et de Marie Leszczynska les princesses Marie-Louise-Elisabeth et Anne-Henriette de France nées en 1727. Pourtant, il ne s’agit pas de ces sœurs mais ces princesses reproduites ont bien vécu à la cour de Louis XV. Ces jeunes femmes n’étaient ni jumelles ni sœurs mais ont toutes deux ont été la belle-fille de Louis XV. La première était une infante d’Espagne, la seconde une princesse de Saxe. La première, Marie-Thérèse-Raphaëlle de Bourbon-Espagne épousa le dauphin Louis-Ferdinand de France en 1745. Nicolas de Larmessin exécuta une gravure de la jeune dauphine de France. Celle-ci devait mourir des suites de son accouchement Princesse_2le 22 juillet 1746. Le dauphin qui avait tendrement aimé son épouse n’aurait voulu pour rien au monde se remarier. Pourtant, étant le fils unique de Louis XV, l’héritier de la couronne n’avait pas le choix et fut contraint de reprendre une épouse. Le choix du roi se porta sur la fille du roi Auguste III de Pologne, la jeune Marie-Josèphe de Saxe. Le remariage de Louis-Ferdinand se fit moins de six mois après la trépas de sa première épouse, le 9 février 1747. Le dauphin vécu très mal cette union précipitée. Marie-Josèphe remplaça la timide Marie-Thérèse-Raphaëlle dans tous les esprits et dans tous les lieux jadis occupés par la première dauphine. Ce remplacement alla jusqu’à la gravure de Larmessin. Mis à part l’expression du visage de la princesse, il ne changea rien de sa gravure. On peut remarquer que Marie-Thérèse-Raphaëlle affiche une expression plus timide et plus sage que Marie-Josèphe qui paraît plus souriante sur sa gravure. La coiffure change très légèrement d’une dauphine à l’autre. On remarque également que l’Infante d’Espagne ne porte aucun bijou alors que la princesse de Saxe a un collier et un bracelet un chaque bras. Mise à part cela, les deux princesses sont exactement identiques ! Pourtant une princesse espagnole et une princesse allemande ne pouvaient présenter autant de similitudes dans les formes de leur corps. On imagine bien le choc du dauphin lorsqu’il découvrit Marie-Thérèse-Raphaëlle refaite en Marie-Josèphe ! Les portraits des deux épouses de Louis-Ferdinand le confirment : elles ne se ressemblaient en rien !!! L’auteur de ces gravures traduit bien la pensée de Marie_Therese_Raphaelle_d_Espagnela cour de France : une dauphine peut en remplacer une autre ! Belle mentalité de l’époque ! Marie_Josephe_de_saxe

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02 septembre 2006

Gabrielle d'Estrées au bain

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gabrielle_et_sa_soeur

Contrairement à ce qui est parfois dit, ce tableau ne représente ni Diane de Poitiers, légendaire favorite de Henri II, ni Marie Touchet, discrète maîtresse de Charles IX. Il s’agit bien là de Gabrielle d’Estrées « au bain ». En effet sous la Renaissance, peu de personnes se lavaient car l’eau était dite porteuse de maladie. Si Diane de Poitiers eut très longtemps un corps de jeune femme, c’est principalement parce que la duchesse de Valentinois se baignait régulièrement. La belle Gabrielle, grand amour du vert-galant, usait elle aussi de l’eau pour conserver un superbe corps. Jolie contraste avec son amant ! En effet, sous Henri IV, se baigner nécessite une journée de repos dans une robe de chambre chaude et encore, on ne se retrouve pas nu dans l’eau mais couvert d’une chemine (comme ce sera encore le cas bien longtemps après). Etre propre du temps de notre Gabrielle, c’est changer de chemise tout les jours, se mouiller le visage et les mains ! On ne se baigne vraiment qu’en cas de dernier recours lors de certaines maladies. Autant Gabrielle d’Estrées va à l’encontre de la « règle » de l’époque, autant Henri IV la respecte ! Le vert-galant est non seulement sale sous sa chemise (comme beaucoup) et pour masquer l’odeur de bouc et d’ail qu’il dégage, le roi a usage de senteurs dont il se parfume abondamment. Ces parfums mêlés à son odeur « naturelle » sont au final une horreur. Face à cela, nous avons une Gabrielle toute fraîche, révélant à son royal amant un corps propre a peine parfumé. On imagine la pauvre duchesse devant dormir avec un homme dégageant une odeur nauséabonde !!!gabrielle_et_sa_soeur_2_

Nous avons de Gabrielle d’Estrées trois portraits anonymes sur lesquels elle figure « au bain ». Sur le premier, elle est avec sa sœur cadette, Julienne d’Estrées, duchesse de Villars.  Dans la « baignoire », elles abordent une position assez peu courante. Gabrielle tient une bague, symbolisant le « couple » qu’elle forme depuis peu avec Henri IV. Julienne pose son doigt sur la pointe du sein de sa sœur. Cela souligne le fait que Gabrielle est enceinte de son royal amant, que l’enfant grandit en son sein et que cette partie de son corps fournira bientôt du lait.

Sur le second portrait, les deux sœurs sont toujours au bain mais Julienne ne touche plus Gabrielle. En effet, nous pouvons remarquer gabrielle_et_ses_enfantsun nourrisson juste derrière les deux jeunes femmes : Gabrielle a depuis peu mis au monde César de Bourbon-Vendôme. Le collier de perles qu’elle porte est un présent du roi pour la remercier de lui avoir donné un fils.

Le troisième portrait de Gabrielle au bain nous montre la duchesse de Beaufort seule dans sa baignoire, un peu plus âgée mais toujours aussi belle, de peau blanche, portant les mêmes boucles d’oreilles que sur les tableaux précédents ainsi qu’un collier et des bracelets de perles. Juste derrière elle, nous remarquons son fils aîné, César de Bourbon-Vendôme et dans les bras de la nourrice, la petite Henriette-Catherine a qui Gabrielle a donné naissance en 1596. Si le collier récompensait la duchesse pour la naissance de César, peut être les bracelets sont-ils un présent d’Henri IV pour célébrer l’arrivée de la jeune Mademoiselle de Vendôme.


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15 juillet 2006

Le massacre de la Saint-Barthelemy

saint_barthelemyCe tableau du massacre de la Saint Barthelemy fut réalisé entre 1576 et 1584 par François Dubois (1529-1584), rescapé de la tuerie alors que toute sa famille de confession huguenote s’est fait assassiner par les catholiques. Il souhaitait que son tableau reflète la réalité du massacre à travers les vêtements. Ainsi, les catholiques sont représentés en rouge et les protestants en noir ou en chemise de nuit. Dubois a surement voulu afficher ici l’esprit qu’avaient les catholiques : les protestants en noirs symbolisent les démons à tuer et les catholiques en rouge sont les bourreaux, ceux qui versent le sang impure des huguenots.

Le sang est partout sur le tableau même à des endroits vides : on peut observer certaines taches de sang sans qu’il y ait de victimes  à côté.  Les chiens, présents dans le tableau représentent à la fois la fidélité et la violence qu’ils peuvent montrer envers leurs ennemis. L’assassinat de Gaspard de Coligny est ici fort bien représenté : on voit son corps à lamort_de_coligny fenêtre de sa demeure puis en bas de celle-ci, l’image du corps de l’amiral qui est émasculé. Les restes sont ensuite jetés à la Seine comme si il s’agissait de détritus.  Ce qu’on retrouvera sera pendu au gibet de Montfaucon (en haut à l’extrême droite du tableau).  Le Louvres (au fond au centre) conserve son aspect médiéval. La porte de Saint-Honoré est fermé par une porte de bois (porte Lucy) avec des soldats : il n 'y a aucun point de fuite, on ne ressort du tableau que mort. 

François Dubois utilise le système du collage pour donner une vision totale de Paris et de l’horreur de la Saint-Barthélemy dans l’ensemble de la capitale française. On a une impression de chaos, sans grands axes de direction de la part de Dubois, pas de parallélisme, des couleurs diverses  et des lances partants  dans tous les sens.

Le massacre n’épargne personne : Dubois nous montre des vieillards, des  femmes, des enfants morts, des bébés sortis du ventre de leur mère. On remarque même deux enfants (probablement catholiques) qui traînent un nourrisson  au bout d’une corde vers la Seine. deux_enfants_trainant_un_bebe

Sur un toit, un homme cherche une échappatoire à cette tuerie mais semble déjà condamné.homme_fuyant_le_massacre  Prés du Louvres, on remarque Catherine de Médicis dans sa robe noire ayant massacré en masse des protestants. Si la reine-mère n’a pas participé physiquement à la tuerie, François Dubois veut souligner son poids de responsabilité dans ce massacre. A la fenêtre droite du Louvre, Dubois a pu vouloir représenter le roi Charles IX tirant sur des huguenots.

Le sable qui sert de support ne semble pas pouvoir aspirer tout le sang rependu d’où les traces de sang sans personne. Dubois donne l’impression que le sang sort du tableau : c’est une vision de « vrai sang » que nous percevons.

La scène, vécue par François Dubois, s’inscrit dans une violence frénétique (massacre) mais également une violence dite « purificatrice » et universelle. Dans un contexte de tension, de foi contre foi, Dubois peint le martyr de tous les protestants et la vision de deux camps irréconciliables.

Tous les détails de cette terrible nuit de la Saint-Barthélemy se trouvent dans cette œuvre : les femmes transpercées, les pillages, l’assassinat de Coligny….pour nous donner une véritable vision de ce massacre. Massacre_saint_barthelemy

Cliquez sur la dernière image et vous verrez un agrandi de la partie gauche du tableau :

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20 juin 2006

Les inséparables filles jumelles de Louis XV

elisabeth_et_henrietteNées toutes deux le 14 aout 1727, Marie-Louise-Elisabeth et Anne-Henriette de France  sont les premiers enfants de Louis XV et de Marie Leszczynska, mariés depuis le 5 septembre 1725. Marie-Louise-Elisabeth née en première prendra le titre de Madame Première puis Madame Elisabeth après son baptême et enfin Madame Infante. Sa jumelle sera Madame Seconde puis Madame Henriette. Fierté du couple royale (Louis XV parlera de « coup double » pour la première grossesse de la reine), les jumelles passent leur enfance à Versailles tandis que leurs cadettes s’en vont pour Fontevrault. Nouant des liens très forts, se montrant toujours ensemble, on aurait dit qu’elles ne pouvaient vivre l’une sans l’autre. La séparation en 1739 n’en est que plus dure. En effet le 27 octobre de cette année, Elisabeth épouse l’Infant d’Espagne Philippe de Bourbon. Elle doit quitter la cour de France définitivement. Les adieux sont déchirants, les deux sœurs pleurent en disant « mon Dieu, c’est pour toujours ». Pourtant, Madame Infante reviendra à Versailles en 1750 avec sa fille Isabelle. Henriette est aux anges et c’est avec encore beaucoup de tristesse que les jumelles se séparent lorsque Elisabeth repart auprès de son époux. Henriette, dont le roi ne cache pas qu’elle est sa fille préférée, semble en effet avoir toute les qualités du monde. Aimable avec tous, elle rapproche son frère le Dauphin de sa femme Marie-Josèphe de Saxe, elle tente de s’entendre avec la maîtresse de son père Mme de Pompadour. Madame Henriette avait failli épouser son cousin Louis-Philippe de Bourbon-Orléans duc de Chartres dont elle était amoureuse. Les ministres de Louis XV murmurèrent au roi que cette union rapprocherait trop les Orléans (branche cadette des Bourbons) du trône de France et le mariage ne se fit point.  Madame Infante ne devait plus revoir Henriette. La fille favorite de Louis XV mourut le 10 février 1752 de la tuberculose. Pour le peuple, Dieu punissait le roi pour son libertinage en lui enlevant une fille parait de toutes les grâces.  Elisabeth fut effondrée en apprenant la mort de sa sœur adorée. Elisabeth  que le roi appelait affectueusement Babette, devait retourner à Versailles ou elle mourut de la variole  le 6 décembre 1759. Le chagrin causé par la disparition de sa jumelle lui aurait ôté le gout de vivre. Pierre Gobert avait réalisé de Mesdames Elisabeth et Henriette, un magnifique tableau lorsqu’elles étaient enfants. Ce portrait des jumelles met en valeur la proximité entre les deux sœurs. Madame Première est vêtue de vert et Madame Seconde de rose.

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17 juin 2006

Marie-Antoinette et ses enfants

marie_antoinette_et_ses_enfantsEn 1786-1787, Mme Vigée-Lebrun réalise un tableau de Marie-Antoinette avec ses enfants :

En 1785, la reine Marie-Antoinette est victime de l’affaire du collier, escroquerie montée contre elle  mais qui la perd définitivement aux yeux du peuple français. Les pamphlets se déchaînent sur Marie-Antoinette la calomniant,  l’accusant d’avoir de nombreux amants, des maîtresses même, de vider les caisses de la France pour ses toilettes et ses bijoux. Perçue comme une mauvaise reine et  épouse, Marie-Antoinette décide enfin de répondre aux accusations qui courent depuis tant d’années. Elle choisi pour cela l’image qui lui convient le mieux : celle de la mère. Car si Marie-Antoinette n’est pas une reine idéale, c’est une mère moderne, attachée à ses enfants, les aimant plus que tout. En 1786, la reine passe commande d’un tableau la représentant entourée de ses enfants. Contrairement à sa mère Marie-Thérèse Impératrice d’Autriche, la reine de France ne désirait pas avoir seize enfants et passer son temps à être enceinte. Elle choisi d’en avoir peu mais de les élever bien et elle-même. Il lui fallait donner un fils à la France pour succéder à Louis XVI. En avoir un ou deux de plus de « rechange » comme on disait alors était souhaitable également. Après avoir mis au monde une fille, Marie-Thérèse en 1778,  et deux fils, Louis-Joseph et Louis-Charles en 1781 et 1783, Marie-Antoinette estime qu’elle a donné assez à la dynastie. Elle refuse de croire à une quatrième maternité en 1786 et ne l’admettra qu’au cinquième mois de grossesse. Ainsi, Sophie-Béatrice née en juillet.

Sur le tableau d’Elisabeth-Louise Vigée-Lebrun, Marie-Antoinette ne porte qu’une modeste paire de pendants d’oreilles laissant son cou vierge de tout collier. Détail important qui montre que la reine veut se racheter auprès de son peuple en montrant qu’elle n’attache pas grande importance aux diamants et autres « fantaisies ». Elle veut se montrer en ce qu’elle est vraiment : une mère attentionnée. La reine aborde un visage aimable et touchant, un sentiment d’amour et maternelle. Sa fille aînée Madame Royale est débout à sa droite et lui enlace le bras, signe que la jeune princesse aime sa mère, se sens en sécurité auprès d’elle. Sur ses genoux, Marie-Antoinette tient le duc de Normandie (futur Louis XVII), l’entourant de ses bras comme pour le protéger. Debout à sa gauche le Dauphin Louis-Joseph dont la santé n’est à cette date guère brillante. Fils adoré de la reine, il apparaît naturel, affichant une léger sourire triste tout en nous montrant un berceau vide. Dans celui-ci devait figurer la Petite Sophie décédée en juin 1787 avant l’achèvement du tableau. Mme Vigée-Lebrun l'a donc effacé pour ne pas causer plus de peine de Marie-Antoinette qui avait mal Marie_Antoinette_et_ses_4_enfantssupporté la mort de sa fille. Ce tableau se trouvait dans les appartements de la reine. Il fut ôté après le décès du Dauphin en 1789, Marie-Antoinette ne supportant plus de voir le portrait de son fils disparu.

cliquez sur l'image pour voir ce qu'aurait pu être le tableau à l'origine de Mme Vigée-Lebrun  (merci à Euyrale pour cette recomposition)

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14 juin 2006

"L'Assemblée des Dieux" (la famille de Louis XIV)

nocretEn 1670, le peintre Nocret réalise un tableau de la famille royale en divinités :

A droite, Louis XIV incarnant Jupiter coiffé des lauriers d'Apollon. Le sceptre renforce la domination qu'il exerce sur les autres. Plus bas son épouse la reine Marie-Thérèse d'Autriche en Junon entourée des amours (ses enfants). Il s'agit du Dauphin (qui lui tient la main)et de la Petite Madame (assise à ses pieds). Derrière Louis XIV, se tient sa cousine la Grande Mademoiselle (fille aînée de Gaston d'Orléans) habillée en Diane tenant un javelot. Au centre du tableau, la reine mère Anne d'Autriche sous les traits de Cybèle tenant entre ses mains un globe terrestre (qui montre le poids qu'a eu Anne d'Autriche dans les décisions politiques du royaume). Derrière elle se tiennent Mesdemoiselles d'Orléans (Marguerite-Louise, Elisabeth-Marguerite et Françoise-Madeleine) symbolisant les Trois Grâces. A gauche du tableau, le frère du roi, Philippe d'Orléans en étoile du matin. Il est entouré de son épouse Henriette d'Angleterre en nymphe apportant le printemps, de sa fille Marie-Louise d'Orléans sous la figure de Zéphyr, et de sa belle-mère Henriette-Marie de France (reine d'Angleterre) à l'extrême gauche en Amphithrite portant le sceptre de Neptune rois des océans et une branche de corail. Dans le cadre en bas du tableau, les deux filles de Louis XIV et de Marie-Thérèse mortes au berceau : Anne-Elisabeth et Marie-Anne de France. A travers ce tableau, Louis XIV est bien déterminé à montrer qui commande. Il se fait représenter en tant que maître absolu et incontesté. Sa famille et lui sont au sommet, demeurent intouchables et sacrés. Tout au long de son règne, Louis XIV s'entourera des dieux et des divinités pour renforcer son image de monarque absolu.

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